| Bienvenue dans le monde des symboles qui s'expriment au travers de nos rêves |
| vous êtes ici: L'Être Humain > LE CONDITIONNEMENT |
|
origines du conditionnement des êtres humains (résumé) |
|
L'enfant ayant décidé de naître, le père (au sens génétique) dépose un germe dans la matrice de la mère. Le germe mâle s'unit au germe femelle: ils ne font plus qu'un. Puis de « UN » devient embryon.
Le phénomène de la conception, c'est bien plus qu'un mélange, c'est une incorporation de l'un et de l'autre: des deux germes naît un nouvel organisme.
L'œuf qui « naît » est équipé d'un noyau unique qui contient et rassemble les éléments du noyau du germe mâle et les éléments du noyau du germe femelle. Le plasma du nouvel œuf contient les plasmas des deux précédentes cellules. C'est une UNION TOTALE, une osmose de la vie: l'aspect mâle féconde en pénétrant l'aspect femelle et l'aspect femelle fructifie en accueillant l'aspect mâle « en son sein ». (Ce "fonctionnement" créateur est à l'image de tous nos actes créateurs, dans la vie réelle: en chacun d'entre nous, profondément et secrètement, pour être créatifs, il nous faut permettre l'union de notre aspect mâle avec notre aspect femelle.)
La fécondation faite, commence alors un folle succession de séparations cellulaires pour autoriser la multiplication et, ainsi, la formation, la construction de l'embryon.
Pendant 9 mois l'embryon se développe « en secret », c'est à dire de façon non visible, dans le ventre de la maman. Seule est visible la déformation de la matrice porteuse: le ventre de la femme enceinte. Nul ne sait, encore aujourd'hui, comment cela se fait-il que telle cellule fera un foie, telle autre un cerveau, telle autre un œil, telle autre un os, telle autre des muscles, un estomac, des intestins, des poumons, la peau, etc...
Tout au long de ces 9 mois l'embryon fait partie du corps de la mère.
Il « flotte » dans le liquide amniotique. Il ne connaît pas - mentalement - la différence entre lui et sa mère. Il est « mère », il est une partie du corps de cette mère qui porte l'enfant, comme l'est un organe. Toutefois, différemment d'un organe, le futur nouveau-né s'équipe très progressivement d'un cerveau, et c'est ce cerveau « en formation » qui enregistre, déjà, des perceptions. Il enregistre à partir de ses sens naissants très amortis par le corps maternel.....
De quelles sensations s'agit-il?
• les bruits filtrés, leur
rythme, leur volume, leur brièveté, leur douceur ou leur agression et
surtout leur effet sur sa mère,
Sensations dont le souvenir physique reste enregistré dans notre corps toute notre vie. Se constituent des souvenirs d'une forme particulière: celui d' un vécu enregistré sans verbalisation, sans conceptualisation (sans idées), très physique, en même temps que potentiellement réflexe.
Vient le moment de la première séparation importante : la naissance s'annonce, pour l'embryon, en terme de désir, d'indécision ou de refus de sortir du lieu matriciel de la mère porteuse, là où, pour la plupart des enfants, le bien-être "est".
Dès la sortie du ventre de sa mère, le nouveau-né est confronté à un nouvel espace: ses poumons se déplient et prennent leur ampleur. Venant d'un monde aquatique l'enfant accède à un monde aérien, d'un monde resserré et restreint, il accède à l'espace et surtout à la séparation.
Espace aérien dans lequel il peut se développer, poursuivre la séparation première qui a suivi l'union de l'œuf premier, croître, grandir se développer...
La première séparation, la séparation originale... De la manière dont se passe cet « accouchement de soi » découle la manière dont chacun d'entre-nous « s'accouche dans sa propre vie ».
Mais ce nouvel espace est troublant, totalement: la lumière, les sons, les mouvements... Tout est moins filtré qu'à l'intérieur de la matrice de la maman... Que dire du trouble occasionné par les conditions brutales d'accueil de l'enfant après sa naissance? Ce sont claques, tête en bas, aspirations de droite et de gauche, et autres joyeusetés... Une curieuse « bienvenue » dont, j'en suis sûr, la plupart d'entre nous se passerait bien volontiers et dont le souvenir reste - à jamais - inscrit dans la « mémoire du corps »...
Le recherche du bien être que procurait l'eau primitive dans laquelle le fœtus baignait s'empare du nouveau-né après ce considérable changement. Le besoin d'y revenir se traduit par la recherche de l'odeur et du goût de ce liquide: le contact à la mamelle et l'aspiration du liquide chaud qui s'en extrait le comble en même temps que le contact avec le corps physique de la mère (sa chaleur, son rythme biologique, etc...) sa prise en main et sa « mise en bras » lui rappelle le contact très corporel vécu dans la matrice.
C'est, pour le nouveau-né, le lien retrouvé avec l'abondance naturelle antérieure de l'univers: la satisfaction. La satiété entraîne chez lui l'abandon qui conduit au repos et du repos au sommeil...
Tous les enfants ne bénéficient pas de cet aimable traitement. Pour des raisons obscures, conscientes et/ou inconscientes, des mères ne peuvent alimenter leur bébé, d'autres ont bien du mal à le toucher comme si le nouveau-né leur faisait peur. L'impossibilité du contact à la source naturelle s'appelle biberon: la substitution crée le manque d'abondance naturelle et l'absence du « naturellement possible ». Nourri au lait artificiel, par un flacon, sans contact charnel avec ce mamelon si chaleureux... le bébé perd le bénéfice du contact « maman-moi »
Je dis « avec maman-moi », car la conscience du bébé au sortir de l'utérus est encore indistincte et le reste un certain temps. La mesure qui étalonne la relation c'est « Je ». Le bébé est encore « moi-maman ». Il ne sait pas encore faire la différence entre « Je » et « Elle ». Ce n'est que petit à petit qu'il va construire cette différence, sa différence. S'il y parvient...
C'est lors de la construction de cette différence que s'originent les névroses de l'enfant, de l'adolescent et de celles de l'adulte. Le mécanisme de construction de ces névroses découle de la difficulté qu'éprouve l'enfant qui vient de naître à devenir différent (au sens de « séparé ») de l'autre. (Au départ: différent de sa maman).
La construction de la différence du nourrisson se construit aussi sur la pratique de l'absence de « maman ». Il est donc fort probable que l'absence est, par définition, une aide indispensable à la différenciation du nourrisson, qui est un « adulte en puissance », par rapport à son environnement.
La différence entre l'absence, l'abandon et le rejet réside dans le degré de culpabilité ressentie par la maman à faire « subir » à l'enfant cette absence. Culpabilité qu'elle fait partager à son enfant au travers des gestes démonstratifs de son affection. (Ce que les mamans appellent leur amour).
Comment se construit cette « différence »?
En premier lieu il reçoit une avalanche de signaux qu'il ne sait pas attribuer. Au fur et à mesure que ses yeux l'autorisent à voir des formes et des couleurs, que sa peau sent des impacts, des contacts, des pressions plus chaudes ou plus froides qu'elle, il va associer petit à petit un rapport entre ces perceptions et lui. Si vous observez un bébé paisible à cette période de la vie, vous pouvez admirer sa capacité à être attentif à tout son environnement. Il engrange en deux mois une foule de données, et il copie les comportements qu'il perçoit. Tout. Ceci ne veut pas dire qu'il est apte à copier en totalité, cela veut dire qu'il agit d'après le modèle qui lui est montré.
Vous bougez la main? Le bébé tente de bouger la main, et, s'il n'y parvient pas, il esquisse un geste... Vous bougez la bouche, la langue et les lèvres (vous parlez ou vous souriez par exemple)? Le bébé tente une action similaire. Vous tournez la tête? Le bébé tente le même mouvement. Vous chantez? le bébé tente d'imiter vos mouvements buccaux, voire gutturaux...
En même temps qu'i copie, il découvre le monde extérieur au travers des réactions de sa propre mère.
Ce qui aide ce nouveau-né, fondamentalement, c'est sa capacité physique et potentielle, cette fameuse mémoire physique enregistrée lors de son stage intra-utérin. Il sent son environnement comme il l'a senti dans la matrice, comme s'il agissait par syncinésie.
La syncinésie c'est, par exemple, un mouvement involontaire que l'on fait avec la main gauche lorsque l'on bouge la main droite. Autre exemple: le geste, de la maman ou du papa qui ouvre la bouche lorsqu'ils donnent « à manger à la cuillère » à leur bébé, convie ce bébé à ouvrir lui-même la bouche en copiant le geste du parent... C'est, en quelque sorte, une copie inconsciente de gestes.
Le bébé copie le comportement de cette personne qui est, au début, sa mère, comme un ensemble de mouvements syncinésiques, mais avec les limites de ses capacités présentes.
Il construit, en recopiant, la différence entre « moi-maman » et « JE ».
Lentement les sens s'aiguisent, et les associations se font. Chaleur, mouvement, odeur, son et goût s'associent à « maman ».
Absence d'odeur, de mouvement, de chaleur, de goût, bruit s'associent à « sans maman »... Petit à petit: l'association « sans maman » devient « seul » ou « solitude » ou « délaissé » voire « rejeté » dès que l'insatisfaction s'installe chez le bébé.
Ces divers degrés d'appréciation de la séparation naturelle d'avec la mère sont, on l'a vu précédemment, « fabriqués » à partir de la culpabilité ressentie par la maman et transmise au bébé.
Dans cet univers où le bébé vit ou non la satisfaction, se crée des attachements entre lui et son interlocuteur le plus proche.
Des habitudes se créent dans sa relation avec sa mère (des habitudes « à la mode » de la maman). Elles sont enregistrées avec les craintes, les peurs, les sourires et les remontrances de la maman qui entourent le rapport de « maman avec JE » ou de « maman à propos de JE ». Tout cela va poursuivre le nouveau-né, toute sa vie. (Nouveau-né que nous avons tous été).
Selon la nature des chantages affectifs, la nature des « mises en scène » que l'on demande "au petit singe que j'ai fait et qui sait montrer ce qu'il sait faire", ou pour respecter le désir de partage ou de rejet de la maman avec son entourage, l'enfant va entrer ou non en relation avec ses proches...
(Pour simplifier, ici, nous ne parlons pas des frères et sœurs. Mais le problème posé reste le même, bien qu'un peu plus complexe. Nous ne parlons donc que de la relation Maman - JE - Papa.)
À cette époque de la vie, les perceptions des sens du nourrisson sont encore trop irréfléchies. C'est à dire que "bébé" n'existe que dans la perception physique: d'abord goûter, toucher et sentir, puis, très rapidement, voir et entendre.
"bébé" est complètement engagé dans la relation physique avec sa mère, il est incapable de concevoir un monde d'où elle serait absente. Il est, à ce moment encore, "indissocié" de sa mère.
Sa psychologie est celle de qui le nourrit. C'est donc au travers de sa mère qu'il va percevoir le monde. Les enfants-loups en sont une illustration démontrée.
Papa n'apparaît d'abord et en premier lieu, pour le nourrisson, que comme une présence « autre », mais qui est « le plaisir de maman ». Quelle que soit la forme du plaisir ou du déplaisir ou de la haine de maman.
Plaisir (ou déplaisir) quand « il » apparaît, quand « il » s'en va... Plaisir (ou déplaisir) de maman lorsqu'elle « lui » confie ou non le nourrisson dans les bras...
Petit à petit les odeurs, les sons, la chaleur différente, la vibration corporelle différente sont acceptées par le nourrisson et « l'autre » qui est « en face de maman » prend place - par identification - en face de bébé comme un reflet de "maman".
Si nous voulons réfléchir à ce que peut être la représentation de "Papa" au début de la vie, voici une image:
En plein jour, lorsque nous regardons le Soleil, la lumière nous inonde. Le soir, nous avons l'illusion que le soleil disparaît sous l'horizon (c'est la terre qui tourne sur elle-même en 24 heures). Et "apparaît" la lune...
Elle ne brille que parce qu'elle renvoie la lumière du soleil. Elle n'a d'existence, à nos yeux, que parce qu'elle nous renvoie, la nuit, la lumière du Soleil. Sa lumière n'est qu'un reflet.
Eh bien, dans notre vie courante, le Soleil est l'image de l'être aimé - ici "maman" - qui "illumine" notre univers. Tout ce qui existe alentour de cet être aimé est souvenir (affectif, reflet) de l'être aimé...
Ainsi apparaît "papa" qui est reflet de "maman" pour l'enfant qui vient de naître. Ainsi seront "le doudou", "la tutut", tous ces objets "fétiches" dont nous "gavons nos chérubins"... Est-ce pour les encourager dans leur "attachement" au reflet de l'être aimé?
(Lamartine formulait cet attachement au Soleil-être_aimé en ces mots: « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ».)
« l'autre en face »: en face de maman. Ce n'est pas le nourrisson qui est capable de faire la différence entre lui et le père, c'est la mère qui apprend au nourrisson le comportement qu'il copie au travers de ses émotions à elle, de ses ressentis mentaux à elle et de ses perceptions physiques à elle.
Comment concrètement cela se produit-il? Il suffit de regarder une jeune femme amoureuse qui allaite son enfant: dès que l'être aimé survient, elle frétille dans son corps, elle n'est plus que sourires, désir de plaire, désir de séduire, etc... Si nous, nous le voyons de l'extérieur... que dire du nourrisson qui lui « tâte la marchandise »: il sent au travers du sein qu'il tuteronne tout ce que vit sa mère. (Il y a bien sûr des situations bien moins favorables pour le nourrisson selon la famille dans laquelle il a choisi d'arriver.). De la même manière, nous avons enregistré cela dans notre mémoire d'enfant...
Progressivement, lorsque les perceptions de l'enfant deviennent plus précises, toujours au travers du comportement de sa mère qu'il copie, le bébé va chercher à plaire - ou à haïr - son père comme il plait à sa mère ou est haï par elle ou encore de la même manière que sa mère plaît à son père ou bien qu'elle le hait...
Une double relation s'établit avec le père: la relation à l'image de celle de « ma mère avec mon père », et la relation de « moi directement avec mon père ». Cette deuxième relation ne se construit qu'à l'apparition de fonctions mentales plus précises.
C'est au moment où l'enfant peut nommer (donner des noms) à son extérieur que s'établit sa relation personnelle de lui par rapport à l'autre ou de lui par rapport à « son extérieur ».
Ce nom qu'il donne à l'extérieur (aux personnes ou à son environnement) est avant tout une formulation de ce que dit maman. Ainsi l'univers du nouveau-né est-il complètement soumis à une action « mamaïsante ».
Le signe sont les premiers "mammmah" ou les premiers "pappppah".
À partir de ce moment, tout s'étoffe beaucoup plus rapidement chez bébé: il se différencie en terme de féminin/masculin, en s'identifiant - toujours grâce à maman - à son père ou à sa mère.
Reste toujours cette base relationnelle, chez le bébé devenu adulte, entre « moi et maman ». La trace de cette base relationnelle n'est pas toujours consciente puisque établie dès le "départ", dès l'embryon, dès la vie matricielle dans le ventre de la maman. Cette base relationnelle est totalement sensible (au sens de la perception physique) et ne peut être verbalisée puisqu'elle est acquise avant le fonctionnement de notre mental, donc avant la mise en forme de notre pensée, des mécaniques mentales, et de la parole.
C'est pourquoi existe une espèce de relation "fusionnelle" entre la mère et l'enfant, même lorsqu'il devient adulte. Tout se passe comme si, quelque part, il reste "en soi" une "trace" ou un souvenir non verbalisé et non verbalisable de la vie biologique et physiologique qui a été vécue au même rythme, selon le même souffle, selon les mêmes battements de cœur, etc...
Viennent "recouvrir" cette base relationnelle et fusionnelle "maman-enfant" les couches comportementales et relationnelles qui "s'ajoutent" avec l'âge, avec le développement de nos facultés mentales, et la variété de nos rencontres.
À l'image de maman, bébé aime papa. Mais la relation bébé/papa va ensuite s'étoffer de manière variable selon l'attribut féminin ou masculin que chacun des enfants développe... encouragé et/ou découragé par les « habitudes comportementales » de maman puis par les « habitudes comportementales » de papa.
Notons que "papa" verrouille ou déverrouille les serrures dont les clés ont été "données" par maman... Il faut bien comprendre que l'enfant copie ou recopie d'abord, en premier lieu, et avant tout, l'exemple vécu et montré par sa mère...
Tout cela nous le répliquons jusqu'au moment où, à l'âge adulte, nous prenons conscience que les comportements que nous avons appris sont ceux qui nous ont conditionnés dès nos premiers jours... que ce ne sont pas NOS comportements, mais les comportements « des autres ».
Ce sont ces « manières de vivre » et ces comportements qui nous animent que nous trouvons "naturels" pour nous et que nous voudrions voir pratiquer par les autres et que nous jugeons "normal" pour eux.
Jusqu'au jour où nous décidons de vivre en conformité avec nos propres désirs, et où nous commençons à les honorer. À ce moment-là nous comprenons que la vérité est individuelle et qu'elle ne peut être applicable à tout le monde.
Nous comprenons alors que ce qui est « normal » et qui fait la richesse de l'être humain,
c'est la différence de chacun d'entre nous.
|
|
Copyright © 1999 à 2008 - BERNIER-CONSEIL - Luc BERNIER - Tous droits réservés - mise à jour: 22 avril 2008 11:56. |
|
|
|
|
|
|
|