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mâle et femelle « Je_Suis » |
La nature de l’Homme Universel (l’Adam) est duelle : c’est à dire qu’elle se présente sous deux aspects fondamentaux.
Toutefois, chacun des aspects ne peut être défini comme « tout l’un » ou « tout l’autre ». Chacun des aspects de la dualité humaine n’est pas vraiment séparé. Ils ne s’opposent en aucune manière l’un à l’autre, bien qu’ils s’expriment différemment.
De la même façon que l’homme incarné est esprit et corps, je peux constater une différence entre l’un et l’autre aspect, mais je ne peux définir la frontière exacte de l’influence de l'un sur de l'autre ou de l’autre sur l’un.
Qui suis-je sans corps ? Qui serais-je sans esprit ? C’est, humainement, impossible de le concevoir. Tant de choses impliquent l’un et l’autre aspect !
Par exemple, si j’ai « mal au crâne », j’ai, en même temps, du mal à penser tranquillement ou à travailler ou à dormir... Et si je suis déprimé, mentalement parlant, je n'ai plus le goût de l'effort physique, ni celui d'entreprendre…
La seule chose que je peux vraiment définir, c’est l’espace commun qui « chevauche » mon corps et mon esprit, ce qui fait que, Être Humain, je m’accomplis de manière « une »…
C’est la satisfaction de ce qui m’accomplit qui emplit de joie mon corps et mon âme [1].
Les Traditions considèrent l’homme – l’Homme au sens universel du terme – comme un être unique qui s’accomplit parce qu’il est duel. La découverte de cette vérité fondamentale, et la manière de vivre qui en découle, permettent de cheminer avec certitude vers mon propre accomplissement.
Lorsque j’emploie le mot « certitude », je ne parle pas de ce que l’éducation et la société m’ont appris : je parle des « croyances fondamentales » acquises à l’issue des expériences personnelles et humaines de ma vie.
La connaissance intellectuelle et mentale (le « savoir ») ne suffit pas pour me découvrir tel(le) que « Je_Suis ». Ce qui est certain c’est que la connaissance intellectuelle ou mentale des choses aboutit à l’élaboration de règles qui m’éloignent de ma vérité profonde, qui me font douter de ma certitude, de ma vérité, de « Qui_Je_Suis ».
L’accomplissement en « Qui_Je_Suis » demande que j’accepte ma nature duelle, que j’autorise l’expression des différents aspects de cettenature duelle, que j’en accepte l'expression, en alternance et de manière successive, avec émergence de l’un des aspects puis émergence de l’autre aspect. C’est la phase fondamentale de l’observation de « Comment Je Fonctionne » confronté ou comparé à « Qui_Je_Suis ».
Ceci peut s’exprimer d’une autre façon : sans l’émergence de ce qui me satisfait en moi et sans l’émergence de ce qui me déplaît en moi, je ne peux pas m’accomplir.
Cette nature duelle, qui, dans l’unité de « Qui_Je_Suis » s’accomplit, est la base de l’aspect trinitaire de l’être humain.
Difficile de comprendre que je suis à la fois « deux », et que ce « deux » n’est en réalité qu’UN : c’est la conséquence de mon ignorance que ces deux aspects, l’un « mâle » et l’autre « femelle », structurent mon unité, qu’ils sont la matière et la substance de « Qui_Je_Suis ».
Mon humanité incarnée – ma « terralité » - est par définition duelle, je suis et corps et esprit. Ce corps et cet esprit ne font qu’un dans mon « espace indivi-duel » (qui ne peut pas être divisé, et qui s’exprime de manière différente).
Parce que l’homme s’exprime au travers de ses aspects duels, de manière alternative, successive et/ou simultanée, il est créateur. Tour à tour l’expression de la séparation des aspects de ma dualité, puis l’expression de leur unité me permet, si j’accepte ce mode de fonctionnement, de m’accomplir.
Le Tao (La voie du Milieu) appelle Yin et Yang ces deux aspects. Le Yin est considéré comme l’aspect féminin (Y in – fém inin) tandis que le Yang est considéré comme l’aspect masculin. (Y ang – m asculin).
Aux Indes, dans le Tantra (La connaissance), Shiva, aspect masculin, s’unit à Shakti, son aspect féminin.
La tradition chrétienne elle-même emploie l’image trinitaire:
. le Père est « initiateur de la création », « en Lui tout commence et tout finit » (Isaïe),
. le Fils est l’aspect « mâle », (celui qui, incarné, accomplit),
.
le Saint-Esprit est l’aspect « femelle », (celui qui
permet la transformation, la mutation profonde et secrète « en soi »).
Dans la tradition hébraïque, comme dans toutes les traditions issues d’Égypte, les mêmes images prennent la forme du « Mi-fé minin » et du « Ma- masculin ». L’expression est différente lorsque le texte biblique du « Bereshit bara » [2] « met en scène » « Isha’ », d’aspect femelle et « Ish’ », d’aspect mâle, mais la signification profonde est la même.
Chez les Grecs, cela résonne au travers d’Hermès et d’Aphrodite, fils et fille du puissant Zeus et chez les Romains, au travers de Mercure et Vénus, fils et fille de Jupiter.
Dans toutes les civilisations primitives, et dans les religions qui les accompagnent, la terre (aspect féminin) est l’un des aspects, que le ciel (aspect masculin) complète. L’ensemble forme l’ Univers dans lequel terre et ciel gravitent.
Lorsqu’ici je parle d’aspect féminin-femelle ou d’aspect masculin-mâle, je me situe hors de la sexualité au sens physique ou mental des mots : je parle du symbole qu’ils représentent.
Au niveau symbolique, ces aspects « mâle » et « femelle » sont « attachés » à l’un des côtés de l’être humain, quelle que soit la forme humaine - homme ou femme - dans laquelle l’être humain s’incarne [3].
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l’aspect |
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femelle |
mâle |
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| de la dualité humaine est attaché au | ||||
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côté gauche |
côté droit |
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| de l'être humain | ||||
Il n’y a aucun lien entre le fait d’être gaucher ou droitier et l’expression de la dualité dont nous parlons. Les niveaux ne sont pas les mêmes.
Prenons l’exemple du drapeau national : ni le tissus ni les couleurs ne sont, chacun, l’emblème du pays ou le symbole de la mère-patrie. C’est l’assemblage, l’organisation des tissus, des couleurs, des dessins qui, joint à l’environnement mental ou psychique éduqué, crée le signe-symbole de ce que ce drapeau représente.
De même, notre « tissus » corporel d’homme ou de femme, dans lequel s’exprime notre latéralité (droitier ou gaucher), n’a rien à voir avec la nature de l’homme universel dont nous parlons, qui est le fondement de son unité et qui contient les deux aspects – féminin/caché et masculin/manifesté - de sa dualité.
Le seul rapprochement que nous pouvons faire est de dire qu’il y a homonymie [4] entre les images corporelles et les images symboliques ou universelles : nous ne sommes pas au même niveau du sens.
Revenons sur les images de ce qui est « droite » ou « gauche », si vous le voulez bien.
• On dit de ce qui est « gauche » qu’il est dévié : « un mouvement gauche », « il a le geste gauche ». Tout comme le langage populaire « met à gauche » ce qui est accumulé, mis de côté, et que l'on ne veut pas montrer.
Ces illustrations par le langage populaire définissent précisément le sens donné à ce fameux côté « gauche » qui est aussi « féminin-femelle» : c’est le sens du caché, du non abouti (comme le geste gauche), et/ou le sens de la réserve (mettre à gauche).
• Quant à l’aspect « masculin-mâle » ou « droit », je l’illustre par d’autres phrases populaires : « allez, file droit ! » dit-on à un enfant qui s’égare pour l’engager à « bien faire ».
La loi c’est le « droit » (ce que l’on doit respecter pour faire ceci ou cela). Regardons les gestes d’un général qui commande son armée, du policier qui règle la circulation, de celui qui donne un ordre rapide, de celui qui conteste ou qui menace, tous ont tendance à lever la main ou le bras droit pour indiquer la direction, pour affirmer son geste, pour amplifier le mouvement.
L’aspect « droit » et/ou la notion de « mâle-masculin » sont ainsi illustrées: ce qui est droit est lié à la notion de faire, de réaliser, de diriger, de construire, mais aussi de se manifester.
Le niveau symbolique est vraiment différent du niveau physique! Nous entrons de plein pied dans l’univers des symboles.
Dans notre monde intérieur, celui qui est mis en scène dans nos rêves, notre aspect «femelle» est représenté au travers du ou des personnages féminins.
De même, notre aspect «mâle» est à l'image des personnages masculins qui sont présents dans nos rêves.
Nous venons de le voir : la dualité s’exprime au travers d’aspects qui se complètent et qui semblent s’opposer, comme le jour et la nuit s’opposent mais aussi… se succèdent.
Notre problème d’être humain est le suivant : je passe notre vie à mesurer les résultats obtenus par ce que je fais et à comparer ces résultats aux résultats obtenus par les autres… Au lieu d’observer – sans jugement - mon accomplissement, qui s’exprime dans la manière dont je m’interdis ou dont je m’autorise, dont je peine ou dont je me réjouis...
C’est pourquoi, notre manière de vivre notre vie est limitée à la perception de la différence, de la séparation, de l’opposition ou de la complémentarité de ces deux aspects « femelle » et « mâle », plutôt qu’à la recherche de leur union.
C’est de cet état des choses que résulte mon
inhumanité profonde, mon insatisfaction permanente.
Ces
deux aspects, femelle et mâle, sont les composantes de notre Unité
fondamentale intérieure. C’est la nature de l’Homme Universel que nous
sommes et qui nous anime profondément.
On
peut parler de «
l’archétype
[5]
UN », du «
Désir Essentiel
[6] »…
En psychanalyse, l'aspect féminin de l'être humain universel est représenté par l'anima, et l'aspect masculin par l'animus. Nous possédons chacun, homme ou femme, et une anima et un animus.
Lorsqu'ils s'unissent en moi, mes aspects femelles et mâles deviennent féconds. De cette union naît « le germe » de ma capacité et de ma potentialité à être. Ce germe origine ma mutation intérieure. Mutation secrète et silencieuse qui se développe dans la matrice (féminine) de l’être: ce qui est inaccompli va muter et devenir « accomplissable », à l’image du développement d’un germe qui, dans la matrice maternelle, devient embryon.
En acceptant d’être « Qui_Je_Suis » j’autorise cet embryon à « accoucher de moi ». Sa reconnaissance donne substance à mon accomplissement.
Dans la vie de chacun d’entre nous, nous avons de multiples possibilités de nous féconder si nous nous autorisons à être ce que nous sommes, dans notre profondeur secrète et individuelle. Cette capacité à devenir « multiple en soi », est l’une des bases de notre condition humaine, de notre nature UNE et, à la fois, DUELLE.
La langue française, issue du latin, reflète bien ce phénomène : elle dit de l’être humain qu’il est un « indivi-du », c’est à dire qu’il vit de manière indivise ou « une », mais en même temps duelle ou distincte.
Voilà donc ce qui est fondamental en « soi », ce qui m’anime dans ma profondeur et le moteur qui anime mes fonctionnements.
Le problème fondamental qui s’impose à moi est le suivant : je suis animé par un « moteur universel » dont le fonctionnement est basé sur « union » et je vis dans un univers où tout semble « séparation ».
Quels sont les fondements de cette opposition ?
Mes comportements « femelles » (intuition, inaccomplissement, mutation profonde = transformation intérieure) ont été « formés » au contact de ma mère, de mes sœurs, de mes tantes, des éducatrices et des autres femmes que j’ai rencontrés dans ma première jeunesse.
En fait c'est un petit plus complexe que cela.
Moi, en tant que bébé j'ai tout appris de ma mère ou de celle ou de celui qui l'a remplacée. Tout. Et le monde n'a commencé à exister qu'à partir de la relation que ma mère [7] avait avec ce monde qui nous entoure.
Ainsi, par exemple, ma mère, je l'ai sentie vibrer (de l'intérieur) lorsque se présentait mon père en face d'elle et que j’étais dans son ventre. J'ai senti la réaction physique de ma mère à cette approche, lorsque j'étais dans son ventre. J'ai ensuite senti à nouveau cette vibration de ma mère lorsqu'elle me donnait le sein (au contact de sa peau et de son sein) et/ou lorsqu'elle me donnait le biberon, et que j'étais niché dans ses bras. C'est plus tard, lorsque j'ai fini de découvrir « l'univers de maman », que j'ai pu dissocier son univers du mien, petit à petit.
Parvenu à l'âge d'environ deux ans, j'ai donné des noms aux êtres et aux choses. Ou plutôt: j'ai donné les noms d'après les sons que j'ai compris, ou imités, avec parfois bien du mal. Est apparue la notion de « Papa », c'est à dire « l'alternative à maman »: un autre aspect de la présence de maman…
Ce n'est que plus tard encore qu'est apparu l'aspect « Père ». Et, encore bien plus tard, la notion de « mari de maman ».
Pendant toute cette période, moi, enfant, je calque, je copie, maman. Je calque maman que je sens différente en face de papa, différente au contact de chacun des « autres » et différente au contact des objets qui nous entourent…
J'apprends les relations avec les autres et les relations avec les choses comme maman les vit.
Si maman a du plaisir à manger du chocolat, en la copiant dans ses gestes et en y goûtant comme elle, j'arrive a obtenir le même plaisir... Si maman n'aime pas le sucre je n'aime pas le sucre... Selon que maman aime les animaux ou qu'elle en a peur, comme elle, j'adopte ses attitudes : j'aime les animaux ou bien j'en ai peur... Si maman a peur du noir, elle développe et entretient en moi cette peur, etc.
Puis je crée ma différence, mon espace et enfin je tente de devenir moi.
Mais je reste toujours, affectivement et viscéralement, très attaché(e) à maman (nourrice, aspect nourricier) dans cette relation irremplaçable qui m'unit à elle. Devenu plus autonome, je cherche (à l'image et à l'exemple de papa) à plaire à maman. C’est à ce moment que, si je suis un garçon, débute mon identification à mon Père : je cherche à ressembler à ce modèle que je copie inconsciemment.
Si maman m'apprend à être aimé(e), c'est aussi parce qu'elle m'a - dès le départ - conditionné(e) pour lui plaire à elle, pour faire « comme elle veut ». Ça commence par ceci: « bébé, tu me tiens le sein dans ta bouche comme ceci ou cela, et à pleine bouche sinon tu me fais mal... ». Et ça continue toute mon enfance... Des phrases du style: « non, tu ne fais pas ça » ou « voila papa » ou - sur un autre ton – « c'est ton père! » ou bien « dis bonjour » et encore « souris à la dame » et aussi ce fameux « sois sage »…
Tous ces comportements que « maman » m'apprend à pratiquer, que papa amplifie, déforme ou modifie, constituent les comportements modèles que je garde et qu’il me convient de pratiquer tout au long de ma vie.
Ces comportements sont différenciés selon que je suis garçon ou fille parce que maman, elle, fait tellement la différence. En effet, bien souvent maman a un faible pour la chair de sa chair qui est du même sexe qu'elle et maman se projette volontiers dans sa fille, alors que maman a tendance à créer une distance entre elle et le garçon qui est, lui, d'un sexe différent d'elle, en qui elle projette de faire une réplique de son mari... Mais ce n'est pas conscient.
Adulte, je n'ai pas le souvenir de ces conditionnements, dont j'ai l'habitude - à force de les pratiquer parce que maman et papa veulent ou ont voulu que ce soit comme ça et pas autrement - je trouve, aujourd'hui, ces comportements « naturels » alors qu'ils sont totalement éduqués, conditionnés...
Ils me conditionnent dans la mesure où ils sont devenus, pour moi, des références, des comparaisons, et même, parfois, des valeurs morales. Et, bien souvent ces comportements éduqués, je leur laisse le pouvoir sur moi, sur mes comportements journaliers. Ils m'entraînent ou m'obligent à prendre des décisions que je trouve, bien souvent, contraire à mon désir profond d'être.
Attention: je ne suis pas en train de dire que c'est de la faute de maman si je suis comme ceci ou comme cela : si j'ai choisi de venir naître dans ce monde, par l'intermédiaire du couple des parents qui m'ont donné ma forme corporelle, c'est que j'avais « quelque chose » à apprendre de mes parents sinon je serais venu naître ailleurs ou, même, je ne serais pas venu. (Je suis libre d'être).
Ma mère et mon père m'ont donné ce qu'ils ont appris de leurs parents, comme moi j'ai appris d'eux et comme, vraisemblablement, j'apprendrai à mes enfants ce que j'ai appris d'eux...
Cela se déroule ainsi parce que j'ai quelque chose à apprendre de la vie terrestre: tout débute et tout finit, en ce monde, dans la chair humaine, vivante, palpitante. Même si je pense le contraire, que je renie l’évidence, et que je continue à refuser ma nature corporelle, c’est l'amour physique humain qui m'a permis de naître. C’est une œuvre de chair, et toute ma vie se déroule principalement à accepter ma nature incarnée, ma nature corporelle, ma « corporalité », ma « terralité »..
J'ai toujours, à chaque moment de ma vie, la possibilité de me comporter comme j'ai appris ou bien, j'ai aussi la possibilité de vivre ma vie d'une autre manière…
Plutôt que de vivre « selon les règles des autres », que mes parents m'ont apprises, qu'ils ont appris de leurs parents, qui eux, à leur tour, les ont apprises de leurs parents, je peux vivre de la manière qui me convient et qui m'épanouit.
La vie est une longue chaîne sans fin... dont les effets d'évolution ne se lisent que dans la succession des générations.
Je suis tellement habitué(e) à pratiquer ces comportements (mon conditionnement, mon éducation, mes règles de vie) comme enfant en face de ceux qui m’ont éduqué(e) que je vais à la recherche des gens qui vivent leur vie de la même manière que la vivaient mes parents du temps où j’étais sous leur responsabilité. Et ceux-là vont me « séduire » comme me séduisaient ma mère ou mon père ou mes autres proches.
Je vais me soumettre à ce type de recherche « séduisante » tout le temps que je n’ai pas compris que c’est mon environnement familial et social qui me commande par le biais de mon mental « éduqué »… Que c’est moi qui a accepté ces règles et qui les a ensuite « améliorées » pour être sûr de compliquer davantage les règles que je m’impose en face des autres…
Je vais « projeter » ma recherche sur « les autres » dont je décide qu’ils me séduisent : me voilà alors amoureux(se). Lorsque ma projection (mon souhait de voir les autres « à ma manière ») sera terminée, je découvrirais alors « le vrai visage » de ce partenaire qui ne me plaît plus et que je peux détester parce que je le découvre différent de l’histoire que je me suis raconté pour me plaire à moi.
C'est pourquoi, (comme je l'ai fait, étant bébé avec maman, avec papa), au départ de toute nouvelle relation, je cherche à copier l'autre pour lui plaire ou plutôt pour « rentrer dans son moule ». J'essaie d'entrer dans les comportements qu'il me demande de pratiquer pour qu'en contrepartie il accepte d'avoir une relation avec moi.... À moins qu'à l'inverse je ne sois dans la révolte…
C'est tellement vrai que les enfants copient ce que pratiquent les « exemples » que sont les parents, que si le bébé dit « non » tout le temps, (pendant une certaine période, aux alentours de ses 2 ans), c'est que ses parents, et surtout maman, lui disent toutes les 4 minutes « non », « tu ne touches pas » ou « non tu n'as pas le droit ».
Comme il entend dire ses propres parents, bébé les imite... C'est « non, non et non » alors que bébé commence à découvrir tout ce qui l'environne et qu'il a besoin d'établir un rapport de lui avec ces choses. En lui interdisant, c'est le début de la frustration...
La situation devient vite cornélienne: jeune enfant, il m'est interdit de toucher aux clés des meubles, aux trucs qui traînent dans la maison alors que mes parents, eux, se donnent le droit d'y toucher...
Ils ont donc le droit tandis que moi je ne l'ai pas... Là est le ferment de ce que je vais ensuite considérer comme l'injustice, comme le ferment de la jalousie, et le germe du rejet...
« Bébé, je suis pourtant bon élève et je recopie l'exemple des comportements de mes parents, et voilà qu'ils me répriment! ».
C'est tellement vrai qu'adulte je cherche à plaire à l'autre en voulant « entrer dans son moule » qu'il suffit de m'observer dans ma vie amoureuse où je vais jusqu'à me renier moi-même pour séduire l’autre!… Ou bien d'observer ma manière de vivre au travail, là où j'accepte de faire - devant les autres - des actes que jamais - au grand jamais - je ne ferais à la maison... Il y a une multitude de situations où j'ai l'habitude de trahir « Qui_Je_Suis », parce que j'y ai été entraîné(e) dans ma jeunesse...
Je comprends mieux comment mes parents ont tenté de m'apprendre à « faire comme ils disent et pas comme ils font ». C'est à dire que, dès mon plus jeune âge, j'apprenais tout simplement à être hypocrite. Si je veux faire comme eux il faut que j'invente le processus du « en cachette » ou du « dos tourné »…
Ce qui avait bien souvent l'effet de mettre mes parents en colère... Et, ça pouvait même devenir un jeu... Du style « tu vois, maman, je sais le faire, même si tu me l'interdis ».
C'était aussi l'apprentissage de la révolte étouffée, réprimée... quelque chose qui peut devenir dans le genre de: « aujourd'hui je n'ai pas le droit, mais quand je serais grand, tu vas me le payer… ».
Cette méthode d'éducation de mon comportement est la base de ma culpabilité. Et cette culpabilité est construite sur un raisonnement du style de: « j'ai des envies que je ne peux satisfaire parce que je sais que ce n'est pas "bien" (sous-entendu: c'est ce que dit papa, ou c'est ce que dit maman...) ».
La culpabilité fonctionne « sous le regard de l'autre »: l'œil qui regarde au départ est celui de maman, prolongé par celui de papa. Parce que, bébé, puis enfant et adolescent, j'ai adopté et gardé ce comportement, je cherche ce regard chez les autres, toute ma vie…
Il y a dans le regard de l'autre une arme venimeuse (la culpabilité) pour laquelle je suis prêt à combattre, jusqu'au reniement complet de moi-même, et qui se nomme la récompense. Et bon nombre d'entre-nous sommes prêts à marcher sur « n'importe quoi » pour obtenir certaines récompenses…
À moins que, refusant cette culpabilité, dans laquelle mes parents ont tenté de m' enfermer, c'est sur cette méthode d'éducation que s'est construite ma révolte... Parce que j'ai voulu défendre mon droit d'être « Qui_Je_Suis » et que je ne me suis pas plié(e) à devenir « celui/celle qu'ils voulaient que je paraisse » ou comment ils voulaient que je me comporte.
Mais, c'est quand même au travers des manières de faire de l'un et de l'autre de mes parents que j'ai vraiment appris: pas au travers de ce qu'ils m'ont enseigné. Parce que j'ai copié l'exemple qu'ils pratiquaient.
Auriez-vous un doute de cette copie de l'enfant envers sa mère?
Exemple de cet apprentissage: lorsque j’observe un bébé qui mange à la cuillère et, en même temps, que j’observe sa mère, il imite les mouvements de la bouche que fait sa maman qui est en face de lui. Bien souvent, même quand le bébé sait faire ses gestes, la maman fait, avec sa bouche, en même temps que son bébé, le mouvement qu'il doit faire comme pour l'accompagner... Et bébé copie... Les bébés sont de redoutables « copieurs » de nos gestes. Adolescents et jeunes adultes, ils deviennent de véritables « photocopies » de certains aspects de leurs parents.
Grimacez devant un bébé qui vous connaît bien... vous verrez la grimace se reproduire... Dansez devant un petit de 3 ans… il vous emboîte le pas… etc…
Dans la copie du nouveau-né que j’ai été, réside le germe de toute la machinerie mentale qui domine mon éducation, et qui va gouverner toute ma vie.
C’est à partir de cet apprentissage que j’ai appris à préférer obtenir des résultats, de la réussite, ainsi que me l’a appris et me demande la société, plutôt qu’à vivre ma vie en harmonie avec mes besoins profonds.
Pour conclure cette première partie du chapitre « Dualité Humaine », j’ai besoin de comprendre que,
• plutôt que de plaire à autrui, d’a ssurer mon pouvoir sur lui et sur les objets dont je m’entoure, ce qui me fait vivre « hors de moi », qui m’insatisfait et me divise,
• je peux vivre dans l’Union intérieure et exaucer « mes désirs essentiels » pour me satisfaire. J’ouvre ainsi la voie de ma jubilation profonde.
Afin
de m’éclairer davantage sur « Qui_Je_Suis », voici la deuxième
partie du chapitre. Elle traite de ce que je vis dans ma vie affective et
mentale en comparaison de ce moteur essentiel qui m’anime dans mon univers
profond et secret et dont je viens de parler.
En matière de couple
et de relations affectives
que se passe-t-il?
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Si je suis
une femme,
ces « fonctionnements » sont tellement présents
en moi, que, toute ma vie, je vais chercher à m'accomplir à l’exemple de
ce que pratiquait ma mère au côté de mon père. |
Si je suis
un homme,
ces « fonctionnements » sont tellement présents en moi, que, toute ma vie, je vais chercher à m'accomplir à l’exemple de ce que pratiquait mon père au côté de ma mère. |
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En conséquence dans la vie réelle... |
|
… je
vais chercher à m'unir à l'homme qui ressemble le plus à mon idéal
masculin (qui est à l'image de mon père) et je vais tenter de le faire de
la manière dont ma mère m'a montré qu'elle, elle aimait.. |
… je vais chercher à m'unir à la femme qui ressemble le plus à mon idéal féminin (qui est à l'image de ma mère) et je vais tenter de le faire de la manière dont mon père m'a montré que lui, il aimait. |
Ce qui précède peut être résumé ainsi :
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Si je suis une femme,
comme ma mère
m'a montré qu'elle, elle aimait. |
Si je suis un homme,
comme mon père m'a montré que lui, il aimait. |
C’est le premier point.
Mon
désir d’union profonde s’exprime toute ma vie
|
…
dans la recherche de mon aspect mâle intérieur, projeté au travers des
hommes que je rencontre et qui sont à l'extérieur de moi...
Au
lieu de m'unir en moi, je vais m'épuiser, « en courant
après » les hommes (en général). Et, en particulier, après l'homme
qui ressemble le plus à mon idéal masculin (aspect éduqué par l’exemple
de mon père...) et dont les traits vont prendre la forme imaginaire et
projetée du « Prince Charmant ».
Et, à
l’exemple de la manière dont ma mère a reçu l’amour de mon père, je
vais recopier cette manière de vivre de ma mère. |
… dans la recherche de mon aspect femelle intérieur, projeté au travers des femmes que je rencontre et qui sont à l'extérieur de moi...
Au lieu de m'unir en moi, je vais m'épuiser, « en courant après » les femmes (en général). Et, en particulier, après la femme qui ressemble le plus à mon idéal féminin (aspect éduqué par l’exemple de ma mère...) et dont les traits vont prendre la forme imaginaire et projetée de « La Belle au Bois Dormant ».
Et, à l’exemple de la manière dont mon père a reçu l’amour de ma mère, je vais recopier cette manière de vivre de mon père. |
En résumé,
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Si je
suis
une femme |
Si je
suis
un homme |
C’est le deuxième point.
Une fois sorti du foyer familial, je cherche à rencontrer des gens qui ressemblent - du point de vue de la manière de vivre - à ce que vivait mon père ou ce que vivait ma mère pour retrouver « mes habitudes » relationnelles éduquées, pour retrouver la situation affective « normale à mes yeux » puisque c'est la seule que je connais et la seule situation affective dans laquelle j'ai été habitué(e) à vivre étant jeune.
Or, ce qui semble opposé à mon comportement « avec les autres », mon désir profond est une quête qui va bien au delà de mes comportements et de mes relations avec les autres: c'est la quête d'un désir essentiel intérieur qui me propose de m’unir « en Qui_Je_Suis ». Union de mon aspect mâle et de mon aspect femelle qui se traduit par l’état d’harmonie « en soi » et qui me rend « fécond ».
En acceptant d’être non pas tel(le) que mon éducation me fait croire que je dois me comporter en face des autres [8], mais tel(le) que « Je_suis » j’autorise à cette rencontre intérieure.
Tout le temps pendant lequel j'ignore ma quête intérieure, qui est exigeante et impérieuse, pendant lequel je refuse de la satisfaire, je suis insatisfait(e). Et cela est vrai dans tous les domaines, et y compris dans la relation d’amour.
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Si je suis une femme,
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Si je suis un homme
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J’ai
bien compris qu’il y a une grande différence entre ma vie
« intérieure », symbolique et profonde, et ce que je vis « à
l’extérieur » de moi et que je projette dans ma vie courante.
Mon
« Désir Essentiel » me pousse à m’unir en moi (aspect mâle et
aspect femelle), de multiples fois pour devenir fécond, créatif et partenaire
de ma propre vie alors que, dans la vie courante, je limite ma vie de couple à
quelques expériences, voire à une seule.
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Si je
suis une femme :
Dans
nos civilisations occidentales, ma réalité « amoureuse », celle du
couple que je vis ou que je souhaite vivre, est limitée à la recherche de
celui ou de ceux qui me séduisent en fonction des critères que je me suis
fixés lors de l’apprentissage de ma vie relationnelle familiale, en
observant la manière de vivre de mon père (et de ses semblables) par
rapport à ma mère.
Ces
critères m’ont permis d’établir, dans mon imaginaire, un portrait robot
de l’homme idéal: celui ou ceux avec lesquels je souhaite m’unir.
Cet
homme idéal est mon « Prince Charmant », il est image fantasmée
du partenaire idéal que je souhaite rencontrer pour vivre ma vie de couple.
Différente
de cette image « de rêve » est la réalité de la relation que je
suis capable de vivre avec un partenaire.
Toute
ma vie je vais courir après l’homme (ou les hommes) qui me séduit en
projetant sur l’élu les qualités de « mon Prince Charmant »
dont je vais l’habiller.
C’est
cela qu’ être amoureuse : reconnaître l’image de sa propre
croyance projetée dans les yeux de l’élu…
Jusqu’au
jour où je prends conscience que l’être idéal n’existe que dans mon
imaginaire de « petite fille », et que mon partenaire n’est pas
du tout celui que j’ai cru. |
Si je suis un homme :
Dans nos civilisations occidentales, ma réalité
« amoureuse », celle du couple que je vis ou que je souhaite vivre,
est limitée à la recherche de celle(s) qui me séduisent en fonction des
critères que je me suis fixés lors de l’apprentissage de ma vie
relationnelle familiale, en observant la manière de vivre de ma mère (et de
ses semblables) par rapport à mon père.
Ces critères m’ont permis d’établir, dans mon
imaginaire, un portrait robot de la femme idéale: celle(s) avec lesquelles
je souhaite m’unir.
Cette femme
idéale est
ma « Princesse », elle est image fantasmée de la
partenaire idéale que je souhaite rencontrer pour vivre ma vie de couple.
Différente
de cette image « de rêve »
est la réalité de la relation que je suis capable de vivre avec une
partenaire.
Toute ma vie je vais courir après la ou les femmes qui me
séduit(sent) en projetant sur l’élue les qualités de « ma
Princesse » dont je vais l’habiller.
C’est cela qu’
être amoureux : reconnaître l’image de sa propre croyance
projetée dans les yeux de l’élue…
Jusqu’au jour où je prends conscience que l’être idéal
n’existe que dans mon imaginaire de « petit garçon », et que
ma partenaire n’est pas du tout celle que j’ai cru. |
Autrement
dit, je me suis trompé(e) moi-même sur le choix de mon (ma) partenaire en l’habillant
avec mes souhaits imaginaires, avec ce que je croyais qu’il(elle) était…
Ce que me permettent mes rêves, c’est d’avoir une image assez exacte
|
du
partenaire réel avec lequel je suis capable de vivre mon couple ou, si je n’ai
pas de compagnon, avec lequel je serais capable de le vivre.
Ce
partenaire est (ou pourra être) à l’image de la totalité des personnages
« mâles » qui sont mis en scène dans mes propres rêves et qui
illustrent ma manière de m’accomplir.
Mon ou
mes partenaires, dans ma réalité, auront la capacité de s’unir à moi de
la même manière (pas avec les mêmes gestes) que les personnages mâles de
mes rêves lorsqu’ils s’unissent à moi : en luttant contre moi, en
me détruisant, en m’acceptant ou en s’accouplant à moi… |
de la partenaire réelle avec laquelle je suis capable de
vivre mon couple ou, si je n’ai pas de compagne, avec laquelle je serais
capable de le vivre.
Cette partenaire est (ou pourra être) à l’image de la
totalité des personnages « femelles » qui sont mis en scène
dans mes propres rêves et qui illustrent ma manière de muter, de me
transformer.
Ma ou mes partenaires, dans ma réalité, auront la capacité
de s’unir à moi de la même manière (pas avec les mêmes gestes) que les
personnages femelles de mes rêves lorsqu’ils s’unissent à moi : en
luttant contre moi, en me détruisant, en m’acceptant ou en s’accouplant
à moi… |
Je peux prétendre ne pas rechercher la femme idéale (« La Princesse ») ou bien l'homme idéal (« Le Prince Charmant »)... Mais, m’« éviter » est une manière de m'empêcher de me satisfaire... C'est aussi la manière de m'interdire une rencontre, de m'interdire de me confronter à ma propre réalité, à mes peurs, à mes envies.
C'est
dans la rencontre avec les autres que je prends contact avec «Qui_Je_Suis».
En acceptant de me voir
[9]
agir ou réagir, accepter ou refuser la relation, ce qui me fait peur ou ce qui
me fait plaisir, « je touche du doigt » ma réalité profonde,
« Qui_Je_Suis » réellement.
Si j' observe ce que je ressens (mes comportements, mes peurs, mes joies et mes hontes) et que je compare avec ce que je sens et ce que je vis (ce qui se passe dans mon cœur et dans mon corps), je vais comprendre comment je fonctionne. Comprenant comment je fonctionne, je vais pouvoir modifier mes comportements et la « programmation mentale » de mes habitudes [10].
Mais attention, je n'ai pas dit « me juger », je dis bien M'OBSERVER.
L'observateur que je dois être, pour moi-même, c'est celui qui voit et constate ce qui se passe, sans affecter de jugement moral à ce qui se passe, sans attribuer d'appréciations positives ou négatives, sans y voir le bien ni le mal...
M'observer, c'est me voir tel que je suis, tel que je fonctionne, c'est:
• ressentir mes émotions (ma douleur, ma peur, ma joie, ma peine),
• constater mes imperfections,
• sentir ce qui se passe dans mon corps, sans honte ni peur,
• accepter de se voir très différent de ce que je voudrais que les autres me voient...
Mais il y a trois écueils:
Le premier est que bien souvent je suis pressé(e) d'obtenir le résultat de ce que je souhaite obtenir: je n'ai donc pas le temps de voir tout ce que mon environnement a l'intention de me donner ou l'intention de me permettre d'utiliser... Et, d'autre part, dans cet empressement, je n'ai pas la patience de prendre le temps de me préparer moi-même pour me rendre capable de vivre des expériences qui, aujourd'hui, me semblent impossibles, inacceptables, etc...
Le deuxième écueil s'exprime par mon refus de vivre les expériences qui me déplaisent parce qu'elles diffèrent de celles que j'ai eu l'habitude de vivre depuis l’enfance. Je m'interdis ainsi de rencontrer des personnes qui sont différentes de ce que je connais: je limite mes découvertes... C'est aussi la peur (mentale) de l'inconnu qui me retient...
Le troisième écueil réside dans le fait que je ne veux vivre que les expériences imaginaires « qui doivent me plaire »... Mais qui, imaginaires, illusoires et impossibles ne se présentent jamais à moi...
Alors si je n'ai pas le temps de m'occuper de moi, si je refuse ce que l'univers m'offre et que je cours après l'impossible... je ne fais qu'éviter de vivre! Il y a de quoi être déprimé et las de vivre.
Dans ces conditions, quand vais-je alors pouvoir être heureux ?
Il m'est essentiel de vivre avec les autres les expériences qu'ils me proposent, sans prendre peur et sans développer mon imaginaire, pour comprendre comment je fonctionne en face d'eux.
Et pour découvrir ma féminité ou ma masculinité intérieure j'ai besoin - dans tous les sens du terme - de me marier avec ceux qui m'affectent. Autrement dit: avec ceux avec lesquels j'éprouve un ressenti particulier, que ce soit une attirance ou une répulsion... Le mot « mariage » employé ici n'oblige pas l'union sexuelle, cela veut dire: vivre aux côtés de l'autre, pleinement et sans réserves, en sa compagnie, la situation qui se présente.
Si je ressens une attirance ou une répulsion (un affectif) envers l'un ou l'une ou l'autre, c'est qu'il y a en moi, quand je suis en face de cet « autre », un aspect de moi (que je ne connais peut-être pas) qui me séduit ou qui me dégoûte.
Cet aspect de moi est à l'image de celui que je vois « en projection de moi » chez l'autre.
Ce qui veut dire, en clair, que si je ressens une répulsion envers celui ou celle qui est en face de moi, c'est qu'il y a en moi un aspect que je ne supporte pas, que je crois déceler chez l’autre, mais en tous cas, pas en moi.
Vivre les expériences de la vie en compagnie de « l'autre », c'est, aussi, la seule manière pour découvrir ce que veut dire « AIMER »…
La plupart d'entre nous exigeons que l'amour soit réciproque en attendant de l'autre une récompense. C'est à dire que « si je te donne quelque chose, toi, en retour, tu me dois quelque chose d'équivalent ».
Cette attitude c’est « du troc », du commerce affectif, pas de l’amour. C'est aussi le fruit de ma culpabilité : « puisque tu m’as donné quelque chose, je te dois quelque chose en retour ». Ce « retour » que je dois à l’autre, je lui dois à cause de mon éducation, parce que je n’ai pas appris à recevoir en disant simplement et seulement merci.
L'amour est gratuit, sans attente, sans culpabilité. Tout le reste est affectivité, lien, dépendance, possession…
Si j'attends, de celui/celle que j'aime, qu'il ou qu'elle me rende ce que j'ai envie qu'il ou qu'elle me donne, en échange « de mon amour », je ne fais que lui dire:
aime-moi comme je veux
puisque je suis en attente d’un retour d’affection
alors que si j'aime la personne telle qu'elle est, il convient de dire:
tel(le) que tu es,
tel(le) que tu vis,
cela me convient,
sans réserve aucune.
Si je veux cette personne « autrement » que ce qu’elle vit, c'est que je ne l'aime pas telle qu’elle est, mais que je veux qu'elle soit, en quelque sorte, « mon objet à moi » ou bien « ma possession », qu'elle fasse « comme je veux ». Dans ces conditions il y a un corollaire qui dit que puisque cette personne « m'appartient », les autres n'auront pas le droit d’y toucher, ni de s’en approcher… Je me rends « propriétaire » de celui ou de celle que j’aime et « jaloux » des autres s’ils pouvaient « en profiter » à ma place.
Si je souhaite vivre en dépendance de l'être que j'aime (dont je suis amoureux(se)), c'est que je suis incapable de m'aimer, moi, puisque j'ai besoin de l'autre pour exister... Cela veut dire que devant « l'autre » je ne peux que me soumettre... Peut-être parce que l'on m'a dit dans ma jeunesse « que je n'étais qu'un(e) bon(ne) à rien », « que je n’avais qu’à me taire », « que je devais laisser parler ceux qui savent », « que je dois obéir », « que je n’ai pas le droit »… Mais aussi parce que cela m’arrange : j’évite ainsi de me rendre responsable de ma propre vie.
La possession de l'autre sur moi ou de moi sur l'autre est toujours réciproque, si la relation dure dans le temps, mais elle ne « fonctionne » pas « en même temps ».
Par exemple, l'un « domine » ou « possède » dans la sexualité tandis que l'autre domine ou possède dans la cuisine. Ou bien, l'un domine ou possède dans la gestion (les finances) du couple, tandis que l'autre domine ou possède dans le travail, etc... Les combines et trocs sont infinis, totalement inconscients et plutôt inaccomplissants.
Ces transactions sont « installées » par la pratique du couple, au fur et à mesure que les situations vécues par le couple se sont présentées. C’est le partenaire du couple « le plus culotté » ou « le moins peureux », face à toute nouvelle situation à laquelle un couple est confronté, qui établit ainsi sa supériorité, sa domination, sa possession de l’autre… Il devient « dominant » dans ce type de situation. L’autre s’installe comme « dominé » ou « soumis » ou « incapable de faire face » à ce type de situation…
Même si le dominé s’accommode, au début, de la supériorité du dominant – parce que cela l’arrange finalement puisqu’il n’a pas été capable d’affronter la situation - il n’en reste pas moins que, à chaque fois que le dominant exerce sa domination dans ce type de situation, cela met le dominé en position de culpabilité, quelque chose du genre : « je suis incapable de faire face». S’installe, chez le dominé, un ensemble de frustrations « à répétition ».
L’accumulation de ces frustrations à répétition, nées de ces transactions « en faiblesse constatée du dominé », au début du couple, constituent les habitudes qui enferment chacun des membres du couple et qui, à la longue, font que le couple devient... un enfer!
Jusqu’au jour où le dominé essaye d’acquérir son indépendance psychologique :
• soit le dominant croit que le dominé entre dans « ses domaines réservés » : s’entremêlent alors les problèmes affectifs et les problèmes psychologiques de l’un et de l’autre. Bien souvent, le dominant ne tient pas à ce que le dominé devienne son « égal », indépendant. En même temps les acteurs du couple confondent affectivité et psychologie… D’infernal, cela devient diabolique !
• soit le dominant lâche sa suprématie et accepte que le dominé devienne son égal et le couple se libère de ses entraves… Il « grandit ».
Si la relation d'amour (l’acceptation de l’autre sans réserves) remplace la relation du bon goût, du convenable, de la bienséance, le couple n’est plus dans les règles qui l’ enferment dans des corsets rigides et éduqués... Libéré, voilà le couple dans un autre monde, un autre univers, une autre manière de vivre sa vie… Ce qui l’environne devient aimable…
Lorsque « je suis amoureux » ou « amoureuse », je n'exprime pas l'amour : je désire séduire (ou me laisser séduire) et plaire à l'autre pour obtenir une compensation, quel qu'en soit la nature…
Lorsque j’exprime l’amour, je peux oser « être », c'est à dire que j’ose exprimer « Qui_Je_Suis » quoi qu'en juge « les autres » ou le partenaire.
Regardez les enfants... L'un va vers l'autre et s'invitant sans façons, ils se donnent la main et vivent une expérience « ensemble » le temps qu'il le peuvent. Puis, après, ils s'en retournent de là où ils sont venus... Présents à leurs jeux (et à leur « Je ») ils vivent, côte à côte, leur plaisir qui s’exprime de manière simple, sans passion, sans imaginaire, là, « ici et maintenant ».
Prendre contact avec ma vérité intérieure me demande d' aller à la rencontre de « Qui_Je_Suis » au travers de l'autre pour me reconnaître, pour me rendre compte de mes réactions, de mes manières de vivre... Aller à la rencontre de l'autre c'est, avant tout, accepter ce qui se présente à moi... même si j'ai peur de le vivre... et que, à tort, je refuse bien souvent!
Pour découvrir mon aspect mâle et découvrir mon aspect femelle,
j'ai besoin de prendre la mesure de « Qui_Je_Suis »,
de trouver la limite entre
ce qui est extérieur et
ce qui est intérieur.
C'est la raison pour laquelle je suis venu sur terre: là où il y a désunion, mettre l'union (ce qui est aimable en moi), là où je suis absent à moi. En m’unissant en moi-même, je deviens riche de moi, créatif, créateur, je peux me « multiplier et croître »...
Pour prendre cette mesure entre l'extérieur de moi et l'intérieur en moi, j'ai besoin de vivre toutes les expériences qui se présentent à moi, de les vivre intensément, complètement et sans réserve... En satisfaisant mes besoins, je peux m'unir à moi-même grâce à l'aide que les autres m'apportent, grâce à l’aide que ceux qui sont « à mon image » m'ont apportée et qu’ils continuent de m'apporter.
Et si je deviens heureux? Les autres en sont ravis!
Pour résumer :
Je suis animé par « un moteur interne »
qui se nomme « l'HOMME UNIVERSEL » ou « l’ADAM »
dont le fonctionnement est
DUEL dans l'unité de « Qui_Je_Suis »
Ce « moteur » me domine tant, qu'il me pousse à agir dans ma vie courante, de manière à m’unir à moi-même et aux autres humains pour trouver en face d'eux la réalité de « Qui_Je_Suis » et la réalité de « comment je fonctionne ».