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L' être humain est duel. Son Unité s'exprime au travers des deux aspects de sa nature intrinsèque:
• l'un est subtil [1] et immatériel, • l'autre est matériel et incarné.
L'aspect matériel, celui dans lequel l'être humain s'incarne, est lui-même composé de deux sous-aspects :
• l'un de nature organique : le corps physique, • l'autre de nature énergétique : le corps psychologique ou mental.
Les individus que nous côtoyons physiquement dans notre univers terrien, et nous-même, sommes les manifestations de cet aspect matériel et incarné, et dont les perceptions sont limitées à nos capacités de sentir, de voir, de toucher, de goûter et d'entendre…
Les scientifiques limitent leurs investigations à ces perceptions physiques et limitées. Au delà de ces limites des perceptions de nos sens, la science a longtemps prêché qu'il n'existait rien... Disons plutôt, qu'au-delà de nos perceptions limitées existe un univers infini, difficile à comprendre avec notre raisonnement mental humain, limité par nos sens et par « l’intelligence » des théories des « grands esprits » de nos sociétés [2].
La caractéristique de l'homme est « d'habiter » un corps et d’y adapter une pensée.
La pensée se formule et s'exprime par la parole, l'écriture, le dessin, le chant, l'imaginaire.... C'est à dire que l'homme a la capacité de conceptualiser, autrement dit qu'il établit des liens entre les mots et ce que chacun d'eux représente.
Par exemple: un œuf.
L'œuf a une forme particulière. Et c'est tellement vrai que si je dis que ma voiture est de forme ovoïde, vous n'hésitez pas à imaginer la forme de ma voiture. Le mot œuf contient en lui-même un « concept » qui fait que tout ce qui est « affecté » par ce mot adopte une forme semblable ou bien une résistance ou une fragilité comparable...
Autre exemple: une « porte ».
La porte est toujours liée à une notion de passage d'un lieu à un autre... Et, pour passer de l'un à l'autre, il faut ou tirer ou pousser la porte en question. Même si je dis que la porte est ouverte, dès que je franchis ce qui sert de « porte » (« le pas de la porte »), je passe toujours d'un lieu à un autre...
La porte est donc associée au concept de passage, comme à celui de franchir, comme à celui de pousser ou de tirer (la porte!) ou bien au concept d'ouvert ou de fermé. Et, si la porte est fermée, cela veut dire que je ne peux ni l’ouvrir ni la franchir, mais que je peux – le moment opportun venu - la franchir...
Pour résumer: la mise en forme des concepts reliés aux mots se fait par l'intermédiaire d'une machinerie qui fonctionne dans le cerveau. Cette machinerie se nomme « mental ».
Le mental est « conditionné », « programmé » par deux influences:
• l'une extérieure : la parentèle.
La parentèle est constituée de l'ensemble des gens qui gravitent autour de moi lorsque je suis en apprentissage de la vie (bébé, enfant, adolescent...): ma mère, mon père, mes frères et sœurs, les oncles, tantes et cousins, les voisins, les copains de «la fratrie», les amis des parents, les enseignants, la télé, les médias…
• l'autre intérieure: le moi (l'égo).
Moi , c'est à dire ce que je souhaite garder dans ma mémoire comme référence, comme base de mes références pour aujourd'hui et pour demain. Cette base de référence constitue et mes habitudes et mes points de repère pour mes jugements. Le reste ne m'intéresse pas et n'aura pas de prise sur moi.
C'est moi, enfant, qui fait mes choix : je retiens ce qui me convient lorsque je suis face aux situations ou aux personnes à qui j'ai confié mon apprentissage mental.
Ce qu'il convient de bien comprendre c'est que je retiens d'avantage les exemples que vivent mes parents, et qu’ils me montrent, plutôt que l'enseignement qu'ils me prodiguent. De même, en ce qui concerne les enseignants: je retiens davantage leur manière de vivre leur vie plutôt que l'enseignement qu'ils croient m'avoir appris.
Tout ce que j’ai sélectionné et que j'ai eu envie de retenir, moi, est stocké dans une zone qui se nomme la mémoire.
Le mental est donc la machinerie qui me permet, • de « verbaliser » les choses (d' affecter un nom aux choses), • de conceptualiser des idées (d' affecter un nom à une idée), • de stocker la mémoire (d’ affecter un nom à un ressenti).
Dans la mémoire sont stockés des « films » qui se rejouent régulièrement lorsque je suis en face de situations qui ressemblent à celles que j’ai connues ou vécues dans la période d'apprentissage de ma prime enfance.
Que contient encore le mental? L' imaginaire.
À partir des expériences que je vis, j'en déduis « ceci » ou « cela ». C'est mon imaginaire, à qui je délègue le pouvoir sur ma vie, qui fonctionne à ma place, qui déduit... Je me laisse guider par ce que j'ai installé en moi comme étant mes fonctionnements, mes règles de vie, ce que j'ai accepté ou voulu automatiser en moi.
Pourquoi est-ce que j'en viens à m'abandonner à mes fonctionnements automatiques, à mes habitudes mentales ? À ces règles qui me transforment en automate plus ou moins conscient de ce que je suis en train de vivre? (Par exemple « métro, boulot, dodo » ou mon besoin de « chômer »)
1. parce que je copie l’exemple que pratiquait mes éducateurs,
2. parce que pendant ce temps-là je n'ai pas le loisir de penser à « Qui_Je_Suis » ni à « comment je vis ma vie ».
3. et, parce que, quelque part, j'ai de bonnes raisons de ne pas penser à « Qui_Je_Suis », ni à la manière dont je vis ma vie...
Outre la gestion de mes fonctionnements courants, l'imaginaire invente ou complète les situations que je n'ose vivre [3]…
Dans nos sociétés développées (du mental), ce sont nos règles (mentales) qui nous gouvernent. Malheureusement, en nous gouvernant, elles nous empêchent de vivre dans notre corporalité, parce que notre éducation nous a fait croire que notre corps était « déshonorant ». En fait, nous sommes, nous, les sous-développés du cœur, les sous-développés du corps, nous, dont la tête « s'envole » dans le mental…
Les règles de mon mental correspondent à ma psychologie personnelle: les autres ont leurs propres règles et vivent selon leurs règles qui sont différentes des miennes. Chacun a ses propres règles, ses propres croyances…
Comme mes règles sont les miennes - et que je ne connais pas les règles des autres - j'imagine que le monde entier fonctionne comme moi, d'après les règles que j'ai apprises de ma parentèle... J'imagine que le monde entier fonctionne d'après mes croyances, d'après mes règles... Erreur: chacun a ses propres règles du jeu de la vie en société.
C'est pourquoi ce qui me paraît, à moi, « normal » peut paraître totalement invraisemblable pour l'autre!
Mais qu'est-ce que ce qui est normal? Normal ... pour moi ? …pour l'autre?
De même, ma définition du « bien » et ma définition du « mal », correspond à MES croyances, celles qui restent enregistrées dans mon mental. Ce qui n’a rien à voir – ou si peu – avec ce que les autres croient ou imaginent.
Par exemple, si je pense que « ça ne se fait pas! », c'est que moi, je ne peux pas le faire.
Mais l'autre sait-il que, lui, ne doit pas le faire parce que, moi, je me l'interdis? Et en quoi ce que je m'interdis doit contraindre l'autre?
Suis-je jaloux de ne pas savoir m'autoriser ce que d'autres s'autorisent? Est-ce cela ce qui constitue la base de ce que je crois être l'injustice?
Voilà résumé, de manière succincte et particulière (donc imparfaite et incomplète), ce qu'est le mental.
Voici maintenant un commentaire : l’un des aspects du mental est de nous faire vivre dans la peur.
Qu'est-ce que
la peur?
Toute peur est imaginaire : nous avons tous peur avant, jamais plus après avoir accompli l'acte qui nous faisait peur.
Le peur est le fruit d’un dénigrement de soi : je ne peux pas me faire confiance, je ne vaux rien, « l’autre doit passer avant moi », exprimer mes sentiments c’est se rabaisser, satisfaire mes envies est un péché, satisfaire mes désirs est honteux…
L’Être humain ne grandit pas en abaissant son corps physique au profit du corps mental ! Ceux qui pensent ainsi justifient simplement leurs peurs en légitimant leur non-amour de la Vie qui les anime !
Honorer la Vie, c’est honorer chacune des parties de cette vie, chacune des créatures créées qui me côtoient, chacune des parties de ces créatures, et cela sous tous les aspects qui me sont donnés de vivre.
Ce qui engendre mon corps physique et le maintient en vie n’est pas plus méprisable que ce qui permet à mes pensées (mon corps psychique et mental) de s’expanser. Mon corps physique, s’il apparaît sous la forme de chair et d’os, c’est pour que je puisse apprécier la nature de « Qui_Je_Suis ».
« Remettre à sa place » mon mental, qui bien souvent m’envahit et prend le pouvoir sur ma volonté consciente, pour entrer dans ma « corporalité physique » et apprendre à l’exercer, à l’honorer, pour me re-connaître et devenir ou re-devenir un « Être Humain », tel est ma mission sur cette terre.
[1] L’aspect subtil de chacun d’entre nous est ce qui nous accompagne dans notre voyage matériel et incarné sur cette terre. Je peux nommer cet aspect subtil « âme », dans le sens étymologique de la racine latine (anima), dont le sens est « souffle de vie ». Comme l’écrit si bien Fabre d’Olivet, cet aspect subtil est le « principe principiant » qui initie notre incarnation, d’une part, et qui, d’autre part, nous anime, en profondeur, tout au long de notre vie jusqu’au terme de ce voyage. Celui qui est parvenu à percevoir ce principe subtil qui nous anime sait parfaitement qu’il peut être perçu sous la forme de deux composantes : • l’une qui relie à l’éternel, • l’autre qui relie au tout du présent incarné. [2] Je vous conseille de lire, à ce sujet, la chronique de Gilles LAPOUGE, parue dans « Terres Sauvages », n° 172 de Mai 2002 (Bayard Presse). [3] Pour compléter, je vous renvoie à ce qu'est l'Inaccompli dans la page « Fonctionnement de l'Être Humain ». |
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