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la
SEXUALITÉ

 

 

La sexualité est un langage [1] corporel qui exprime ma créativité, mon élan vital. C’est ce que Sigmund Freud appelle « la libido », ce que Paul Diel nomme le « Désir Essentiel ».

 

Certains « réduisent » la sexualité à « des actes obligatoires », c'est à dire à des gestes qu'il faut faire dans les rapports amoureux ou dans les rapports de couple pour telle et telle raison mentale.

 

Vécue comme un devoir, une obligation, une performance, la sexualité devient « bestiale » parce que non vécue de l'intérieur de soi, vécue « sur le bord » pour, par exemple, faire plaisir à l'autre ou pour l’épater! Ainsi pratiquée, la sexualité est une animalité qui devient dévorante, épuisante, frustrante, réfrigérante...

 

Si je vis ma sexualité de cette manière, je renonce à « Qui_Je_Suis », je me soumets « à l’autre ». Je me réduis à une chose, à un objet utile ou performant pour l'autre : je me renie totalement à son profit. C'est une manière de dire : « je n'existe que pour toi (pas pour moi) », de me reconnaître absent [2] en face de l'autre.

 

Bien souvent, la femme accepte les rapports sexuels parce qu'elle imagine qu'elle doit répondre au désir sexuel de son compagnon alors qu'en réalité, c'est un moyen humain simple, pratique et efficace, pour s'ouvrir à elle-même.

 

Si je recherche le plaisir de l’autre, je ne suis pas présent à mon plaisir. Comment, dans ce cas, atteindre l’au-delà de « Je », « l’au-delà » des limites de mon égo. Comment atteindre ma satisfaction profonde ?

 

Si j’agis pour le plaisir de l’autre, je me trompe, car je ne peux rien faire « à la place de l'autre ». Et il y a de fortes chances que, voulant faire le plaisir de l’autre, l’autre ait la même vision des choses ! Autrement dit qu’il ait lui aussi l’ambition de « me faire plaisir ». Comment, dans ces conditions, éprouver la satisfaction « EN SOI » ?

 

En couple, chacun de deux partenaires ne peut vivre les expériences, aussi profondes soient-elles, ni mixé, ni dilué dans l'autre, ni à la place de l’autre, mais seulement et uniquement l'un à côté de l'autre, chacun à sa place, présent à ce que chacun vit dans son corps.

 

La sexualité est un espace de défiance ou de confiance, de provocation ou d’acceptation, d’aventure, de découverte, d’apprentissage, etc… C'est un langage particulier qui met en jeu mon corps, mes sens, mon mental, ce qui me touche de près, ce qui est profond en moi. Comme tout langage, il peut s'apprendre.

 

Qu'est-ce que l'expression du langage corporel au cours de l'UNION sexuelle?

 

Pour la femme :

 

Pour la femme, l'expression sexuelle est ce qui - physiquement – est pénétré. Pourquoi être pénétrée, investie? Pour se permettre, devenue « disponible » à soi-même, d’être fécondée : pour permettre au germe « mâle » d'être semé, implanté, en elle. Dans ce sens, l’expression sexuelle devient, pour soi, l’acte de « recevoir », l’acte d’acceptation sans condition, d’un abandon du « Je » égotique et mental.

 

Symboliquement, le femme qui est dans sa « femellitude [3] » devient « matrice », c'est à dire qu’elle permet au « germe » de « muter en elle », de se transformer en elle, dans le secret de sa « terre matricielle ». Le « germe » peut devenir « embryon » dans son espace caché (intérieur).

 

Devenu embryon, le germe initial se prépare à naître, à voir le jour.

 

En termes symboliques cela se traduit, dans la réalité, à accéder à l a lumière de la conscience. C’est, pour la femme, la possibilité, une nouvelle fois, de « naître à elle-même », de se découvrir, de s’accomplir encore d’avantage…

 

Tout cela « en face à face » avec elle-même et « aux côtés » de celui qui l’accompagne, à ce moment-là, dans son voyage intérieur.

 

Pour l’homme :

 

Pour l'homme, l'expression sexuelle est ce qui - physiquement - engendre, conduit à naître, convie à grandir, à se construire, à s'accomplir, et elle s’exprime dans la pénétration.

 

Pourquoi une pénétration ? Pour lui permettre, devenu « disponible » à lui-même, d’être fécond, de devenir « multiple » dans l’abandon d’une partie de soi, et permettre à « sa » graine d'être semée, implantée, en une terre « universelle » et « féconde ».

 

Dans ce sens, l’expression sexuelle devient, pour lui, un acte de « multiplication », un acte d’acceptation du don sans condition, d’un abandon du « Je » égotique et mental.

 

Ainsi - symboliquement - celui qui est dans sa « mâlitude [4] » peut-il assumer sa vie, responsabiliser ses actes, et, grâce « au partage de soi », devenir architecte de son univers physique, psychologique et spirituel.

 

Tout cela « en face à face » avec lui-même et « aux côtés » de celle qui l’accompagne, à ce moment-là dans son voyage intérieur.

 

Me protéger du désir charnel est un contre-sens de ma nature physique : je suis issu de l’union des sexes dans les corps de mes parents. Je suis le fruit d’une transformation physique intérieure avant de sortir du ventre de ma mère. Et je suis le fruit d’une croissance physique sans laquelle je ne peux ni devenir adulte, ni atteindre l’ultime de cette vie présente : la mort, c’est à dire l’abandon de tout ce qui m’attache ou m’affecte, de tout ce qui m’enferme et me limite.

 

C’est parce que je mange – dans mon corps – que je bois – dans mon corps – que je respire – dans mon corps - que je continue à vivre.

 

Pourquoi dénigrer, refuser ma « corporalité », ma « terralité », c’est à dire cette nature duelle psychologique et physique, qui, si je la respecte peut s’unir en « Qui_Je_Suis » ?

 

Me rendre heureux demande que je me respecte et, pour cela, que je veille à satisfaire mes besoins profonds et essentiels !

 

Ce n’est pas du désir charnel dont il faut me méfier, mais de toute volonté dominatrice, de ma volonté de vouloir prendre le pouvoir sur autrui. En ce sens, par exemple, faire le bonheur de l’autre c’est lui dire : « tu vois sans moi tu est incapable de te satisfaire ».

 

La satisfaction du besoin charnel – sans condition – est l’une des manières d’exercer mon humanité, de m’accomplir… L’Amour est, avant tout, acceptation : acceptation de l’autre et aussi et surtout acceptation de « Qui_Je_Suis ».

 

Pour m’accepter, il m’est nécessaire d’ être présent à ce que je vis : ce que cela me fait dans mon mental (ce que je ressens), ce que je sens dans mon corps. Et de m’apprécier.

 

Lorsque la vibration de l'un s'harmonise ou rentre en phase avec celle de l'autre : c'est l'extase, l'UNION PROFONDE. Les limites des corps disparaissent alors pour laisser place au cœur, à l'universel, à l'intemporel, à l'éternel.

 

Comme nous ne sommes que des êtres humains, à l’issue de ces « entrées dans l’au-delà de soi-même [5] », nous « redescendons » très vite de ces moments toujours fugaces et rares, et revenons dans nos limites mentales…

 

Soyons certains que la sexualité est au corps ce que la parole est au mental. L’un et l’autre sont des moyens d'expression de l'art d' être soi.

 

C'est en laissant s’exprimer toutes nos expressions créatives - et y compris la sexualité - que nous approchons l'unité de « Qui_Je_Suis ».

 

Lorsque l'homme dépasse ses pulsions éjaculatoires et que la femme cesse de faire plaisir à « son Jules » pour entrer l'un et l'autre dans la profondeur de leur nature humaine et corporelle qu'ils vivent, chacun dans son rôle, tout change : la sexualité devient l’expression de ma créativité en ce qu'elle a de magnifique. En effet, l'un et l'autre dépassant ses limites mentales, chacun s'ouvre à lui-même sans réserve. L'un et l'autre nous pouvons vivre la disponibilité, quelque chose comme: « je suis disponible à moi, c’est pourquoi n’ayant plus peur de moi, en face de toi, je suis disponible pour nos échanges : tu peux user de moi pour notre jubilation ».

 

L’union des corps, dès qu’elle devient l’union des profondeurs, que les peurs, les règles sociales et l’orgueil ont lâché leur emprise, dès que la confiance absolue en soi, dans ce qui se passe, apparaît (l’acceptation du moment présent, de « ici et maintenant »), dès que la délicieuse certitude du « soi » s’impose à l’un et à l’autre, alors s'ouvrent les portes du « domaine des dieux ».

 

La base de l’échange reste: prend ton plaisir en me faisant vibrer dans mon corps. Ou bien encore : il n'y a pas de limites entre mon plaisir et le tien. Et enfin : « lâchons-nous » [6] l’un à côté et en compagnie de l’autre.

 

(Si vous ne l’avez déjà fait, je vous convie à lire, les pages «  Dualité Humaine » et «  Fonctionnement de l’Être Humain ».)

 


[1] « Tout est langage » dit Françoise DOLTO.

[2] Si je vis pour la satisfaction de l’autre, je suis absent à mon plaisir. C’est une forme d’inconscience.

[3] qui accepte de vivre la « profondeur » de son aspect symbolique « femelle » dans la réalité de sa vie en qualité de femme physique.

[4] qui accepte de vivre la « profondeur » de son aspect symbolique « mâle » dans la réalité de sa vie en qualité d’homme physique.

[5] le « 7° ciel » ?

[6] lâcher mes attachements à mes règles, à mes peurs, à mes obligations, à mes contraintes, etc… et vivre le moment présent sans me soucier d’autre chose que de ma propre satisfaction sans retenues, sans craintes…

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