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TÊTE

VISAGE

BOUCHE
LANGUE

DENT

COU

VOIX

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Je ne peux pas confondre la tête, le visage, la face, le cou ou encore le buste. Chacune de ces parties représente un aspect symbolique différent.

 

L’apparition d'un buste en statue autorise à penser que je me fige dans une attitude tellement immobile (guindée? frustrée? contrainte?) que ma personnalité s'exprime comme celle d'une statue.

 

En d’autres termes, je me représente comme inhumain : de pierre et sans vie. C'est du moins ce que je mets en scène (buste posé sur un socle, une table, une cheminée, etc...). Je peux croire que je passe à la postérité… alors que je me représente avec « un cœur de pierre », d’un seul bloc (au mental bloqué ?), figé, sans vie.

 

Ce type de rêve m’invite à prendre conscience que je suis, en quelque sorte, « mort » du point de vue de l'humain, que je ne vis pas, que je vis pour la gloire aux yeux des autres (la vanité?) et la reconnaissance publique. Ou bien que mon attitude est tellement figée qu'elle est « transmise aux générations futures », c'est à dire qu'elle est gravée dans la pierre et que j’aurai peine à changer…

 

À moins que le buste, mis en scène dans le rêve, ne soit accroché à un fil et ne se balance comme un balancier d'horloge de droite à gauche ou d'avant en arrière ou encore, tel un pendule, en des cercles sans fin... Buste, suspendu qu'il est, à la merci du moindre incident pour couper le fil dont il « dépend », du fil qui le soutient parce qu'il ne peut se soutenir lui-même, parce qu'il a besoin du regard des autres pour composer ce personnage figé qu'il affiche, qu'il compose…

 

Si je vois un ou des visage(s), dans mon rêve, c'est que je suis convié à me voir «  en face à face » avec ce(s)  visage(s) et à accepter que je m’habille de ce(s) visage(s) dans mes manières de vivre ma vie.

 

Bien souvent le visage exprime le masque que je porte en face des autres, c'est à dire ce que je veux que les autres voient de moi et que je compose (comme un mensonge) pour leur faire croire que je suis autrement que dans la réalité de ma vérité profonde (celle que les autres ne voient pas!). C’est ce qu’illustre ces phrases « dans la vie il faut paraître fort », ou bien « on ne doit pas montrer ses sentiments »... Ces maximes, donne obligation de se montrer autrement que «Qui_Je_Suis» en réalité.

 

Le rêve m’invite à me voir non pas tel que je crois être ou tel que je crois que je dois me montrer, mais « tel que Je_Suis ».

 

Une tête rassemble tellement de composants que son apparition dans un rêve peut en dire très long...

 

Du point de vue structurel, la tête peut être considérée - à juste titre - comme la dernière vertèbre de la colonne vertébrale. Vertèbre un peu particulière puisque composée de multiples os imbriqués formant le crâne, dans laquelle s'emboîte le maxillaire inférieur.

 

La tête est le sommet du corps humain, ce qui couronne la colonne vertébrale. C’est la tête qui, puisque couronne, dirige symboliquement l'être humain comme un roi dirige son pays, sa nation, sa terre (son jardin d'Éden). En apparaissant dans un rêve, le crâne ou la tête délivre une image ou bien structurelle, ou bien structurante, ou bien aussi dominante selon le rôle mis en scène dans le rêve.

 

Le sommet du crâne est, dans la tradition des Indes liée à l’énergie « Prana », le siège du 7° chakra nommé « chakra de la couronne » ou « chakra de la fleur aux mille pétales » (le lotus symbolique). Ce que nous appelons « le septième ciel », où se vit la jouissance absolue, celle de « la présence ».

 

Dans la tradition chrétienne Jésus est crucifié (mis à mort) au sommet du mon Golgotha. Ce mot, traduit en français, veut dire « lieu du crâne ».

 

Cette image symbolique de la crucifixion dans un espace situé « en haut du crâne » aide à comprendre ce que je vis lorsque je quitte librement les croyances :

 

• du pouvoir politique,

• du pouvoir religieux,

• du pouvoir social et familial « des autres »,

 

sur moi. C’est le terme du récit évangélique de « La Passion du Christ [1] », terme du chemin où je quitte « les autres » pour prendre soin et importance de « Qui_Je_Suis ».

C’est l’image symbolique de le mise en scène des mises à mort de mes attachements à mes habitudes comportementales qui me nuisent et de la mise à mort de mes attachements à mes croyances qui me contraignent.

 

Une fois accomplies ces morts à mes croyances « extérieures », je suis disponible pour m’approcher de « Qui_Je_Suis ». Libéré de mon carcan social « extérieur », je me rends disponible vis à vis de mon univers « intérieur » et, de ce fait, je peux me satisfaire. Satisfait, je suis débarrassé de mes attentes : je suis pleinement disponible aux autres  C’est « ma résurrection » et l’apparition de ce qu’est « abondance » de l’univers.

 

L'image d'une tête au premier plan d'un rêve peut indiquer la manière de mener sa vie en associant cette manière à la représentation affective (ou plus exactement: projective) qu'elle met en scène. Par exemple la tête du Père est celle qui représente la volonté dirigeante des principes issus de ma tradition familiale, tandis que la tête de la Mère représente davantage la manière plus affective, apprise de ma propre Mère, qui gouverne ma vie.

 

La tête d'un Général, quant à elle, représentera l'autorité qui édicte mes obligations commandées (par moi-même) et devant lesquelles ou bien je me plie ou bien je me rebelle (selon mon état).

 

Les cheveux sont l'image du contact de l'être humain avec « l'au-delà de mes limites », avec ce qui est « au dessus » de ma tête, avec un autre aspect de la vie: l'espace infini du ciel, autrement dit, ce que je crois et qui est immanent et ce que je considère comme éternel [2].

 

Les cheveux sont l'image de ce que sont les racines pour une plante. À la différence près que si la plante enfonce ses racines sous Terre (dans l'invisible), moi, je développe les racines de mes cheveux, dans « mon ciel ». Dans le ciel « invisible » à l'œil du corps humain, mais perceptible grâce à l'au-delà de « moi » : dans le « soi » profond, là où réside la nature « divine » ou « universelle » de l'Être Humain, c’est à dire de « Qui_Je_Suis ».

 

Les cheveux sont, en même temps, image de ce qui couronne l'Être Humain, dans sa valeur ontologique, dans sa valeur « profonde et essentielle de soi ». En cela les cheveux sont aussi une image de la manière dont le couronnement de l'Homme pénètre son ciel, sa « divinité », ce qui en lui est Universel.

 

L'importance de la coloration ou du travail sur la coiffure met en scène la manière dont le couronnement de sa propre nature est envisagé. Par exemple, l'apparition de coiffeurs ou de coiffeuses qui travaillent une coiffure tente d’expliquer que je suis en train d'apprendre ou de travailler ma propre couronne au sens fondamental et symbolique du terme. Couronne qui est façonnée par des « personnages » que, peut-être, je crois extérieurs à moi. Pour exemple: le sage vieillard a les cheveux blancs (et la barbe aussi)...

 

Il y a des personnages de rêves qui sont chauves, soit parce qu'ils ont perdu la capacité à prendre contact avec cet « au delà de moi », soit par ce que, au contraire, ils sont directement en contact avec cet au-delà, qu'ils baignent totalement « en Qui_Je_Suis ». Dans ce dernier cas, le personnage présenté, dans mon rêve, est animé d'une beauté intérieure remarquable, à nulle autre pareille, transcendantale.

 

L'abondance d'une chevelure est signe d'une bonne santé, de jeunesse (les viellards perdent leur chevelure!), de vigueur et de virilité (s'agissant d'un homme), comme d'une grande féminité (s'agissant d'une femme).

 

Voici quelques expressions populaires qui nous mettent en scène la particularité du cheveu pris comme l'expression des pensées et du fonctionnement du mental:

• « couper les cheveux en quatre », c'est développer jusque dans les plus petits détails un argument. (Jusqu'à le vider de sa subtance...). D'une autre manière on dit facilement: « chercher la petite bête ». C'est donc le souci du moindre détail qui domine plutôt que l'argument lui-même...

• « s'arracher les cheveux » c'est ne pas trouver la solution au problème posé... ou tenter de le faire! 

• « tiré par les cheveux », c'est la qualité d'un argument qui est tellement inhabituel ou inconvenant ou encore techniquement difficile qu'on le pense quasiment impossible à réaliser...

• « avoir un cheveu sur la langue » expime que le langage est difficile à énoncer et à comprendre...

• « voir se dresser les cheveux sur la tête » est bien souvent l'expression d'une frayeur intense...

• « se faire des cheveux blancs » est témoin d'une difficulté tellement longue à surmonter ou "difficile à avaler" que les cheveux en pâlissent jusqu'à blanchir... 

 

Si le front s'affiche de manière démesurée, de telle sorte, par exemple, que je soit frappé par ce front que je vois et qui me subjugue, tellement il est imposant, c'est que je suis invité à « voir » cette manière de « faire front » dans ma propre vie.

 

Soit parce que je fais face, soit parce que ce front est un obstacle, une butée, un mur pour faire face, soit encore parce que je ne parviens pas à faire face à la situation à laquelle je suis confronté.

 

Dans ces trois derniers cas, le front est l'image du mental (mon fonctionnement psychologique, mon dialogue intérieur avec moi-même), qui est comparable à un mur, que ce mur est un obstacle - pour l'instant - infranchissable.

 

Le front est aussi le siège du 3° œil dont nous parlons ci-après.

 

ŒIL - YEUX

Car la tête est aussi, par les yeux, le siège de la vision, du regard ou de l' observation.

 

Il y a une énorme différence entre « porter un regard sur », « voir » et « observer ».

 

Regarder , c'est porter sur ce qui se passe un jugement , (et bien souvent, sur mon propre comportement), c'est l'expression d'un refus d'être « tel que Je_Suis », refus de m'accepter, refus de m'aimer, autrement dit: l'expression de ma culpabilité.

Dans un rêve, ce sont bien souvent les personnages présents, « personnages » dont je sais qu'ils sont à l'image de mos propres comportements, qui portent sur moi « un regard accusateur »...

L'exemple suivant, bien que différent d'un rêve, illustre parfaitement l'image de la culpabilité, de la honte de l'homme poursuivi par le remord.

Victor HUGO relate dans « La Légende des Siècles », qu’après avoir tué son frère, Caïn s'enfuit devant l'Éternel. Se sentant poursuivi, en quelque lieu qu'il aille par son regard accusateur, Caïn décide de s'enterrer dans un profond tombeau dont il referme le couvercle. Alors, dit HUGO, « L'œil était dans la tombe et regardait Caïn ».

Tiré de l’histoire biblique, cet exemple illustre parfaitement ce phénomène du regard qui est le signe d’ un ressenti coupable, du remord, de la honte. Ces comportements mentaux sont éduqués, acquis par l’éducation, et, parfois imaginaires.

 

Observer , c'est constater ce qui est, tel que cela est, sans jugement. C'est le premier pas nécessaire avant l'acceptation de soi. Si, dans un rêve, l'un des personnages, ou moi-même, « j’observe » c'est que je suis sur le chemin de l'autonomie affective et de l'indépendance psychologique puisque mon rêve témoigne de ma distance (de mon indépendance) par rapport aux faits, gestes et manières de vivre qui sont mis en scène, que j’accepte d’observer sans m’impliquer, sans me projeter [3].

 

Voir , c'est prendre connaissance de ce qui est, tel que cela est. En quelque sorte c'est prendre conscience des faits, de mes gestes, de ma manière de vivre ou de la situation dans laquelle je me trouve dans mon rêve.

 

Puisque je parle d'yeux, que représente le 3° œil? Ce 3° œil apparaît dans un certain nombre de rêves et se situe soit entre les deux yeux, au dessus de la naissance du nez, lorsqu'il est "vu" sur le visage d'un personnage présent dans un rêve.

 

Mais ce 3° œil peut très bien ne se « percevoir » que dans l'effet de perception qu'il engendre. Comme, par exemple, l'impression de voir « au travers » des choses présentes, « au travers » des situations, « au travers » des personnages…

 

L’image du rêve peut prendre la forme d'un rayon lumineux (parfois fulgurant) qui traverse tout et vient éclairer le rêve d'une telle lumière que tout devient limpide. Ou bien, cette lumière peut prendre la forme d'un halo « qui met en lumière », ou qui enveloppe de lumière (par exemple une lumière blanche brillante) tous les objets présents, toutes les situations, qu'elle entoure et qu'elle me permet de voir parfaitement, distinctement, avec précision et d'une manière inoubliable.

 

Dans ce cas, c'est l'image de la connaissance profonde qui pénètre l'univers et moi-même au plus profond de soi. La tradition hébraïque dit: l'accès au « Saint des Saints », la révélation à soi.

 

La tradition chrétienne parle, quant à elle, « du voile (du temple) qui se déchire » au soir du vendredi saint: la mort (douloureuse) d'un certain nombre de mes croyances mentales fait apparaître (déchire le voile) la transcendance de « Qui_Je_Suis ».

 

Les extrêmes-orientaux parlent, quant à eux, de 6° chakra, où siège, non pas le savoir, mais « la connaissance », autre forme de la conscience d'être.

 

 

OREILLE

 

Siège de l'audition, la tête est « ornée » de deux oreilles.

 

Une expression française dit « prêter l'oreille » à quelque chose ou à quelqu'un. C’est le cas si je suis attentif ou dans un état d’écoute (de soi). Que je le sois réellement ou que le rêve m'invite à le devenir, les images d’oreille me mettent en contact avec les degrés différents de l'attention et de l’écoute.

 

Par exemple:

 

tirer l'oreille ou m e faire tirer l'oreille veut dire que je ne souhaite pas entendre ce que la vie m’invite à entendre. C’est pourquoi le rêve attire mon attention sur ce qu'il me conseille d'entendre... parce que je me fais la sourde oreille !

 

• me faire arracher l'oreille ou avoir l'oreille arrachée ou cassée, dans un rêve, me parle de la perte de ma capacité à entendre ce que la vie veut me dire ou bien de ce que je n’ai pas envie, pas du tout envie, d’entendre ni d’écouter de moi-même.

 

• avoir l' oreille bouchée tend à me faire comprendre que je ne souhaite pas entendre ce qui m’est dit,

- soit parce que je veux éviter, consciemment, d'entendre ce que la vie veut me dire,

- soit parce que je n’ai pas la faculté ou la capacité d'entendre. Parce que, par exemple, mon inconscient, tellement il est puissant sur moi, obture ma capacité d'entendre ce que j’ai à me dire.

 

• si je suis sourd, ou l’un des « personnages » présent dans mon rêve, il y a de fortes probabilités que ce soit parce que je souhaite ne rien entendre ou ne rien comprendre, ou que je ne peux pas entendre. Que mes oreilles soient volontairement bouchées ou bien que l'agitation mentale et inconsciente qui m'entoure obture mon conduit auditif ou m'empêche d'entendre...

 

J'entends (Entendre): ci-dessous, en fin de cette page, vous trouverez un paragraphe intitulé " Personnage qui me parle". Je vous demande de le lire. Ici, au lieu de me parler (ce qui me touche), le personnage ou l'animalité ou le bruit émet un son que j'entends. C'est à dire que je remarque le son, que je l'apprécie, comme, par exemple, le claquement de la pluie sur un vitre ou sur un toit de véranda, le chant des oiseaux, le bruit de l'orage, etc... Mais ce n'est pas pour cela que je suis effrayé(e), ravi(e), déçu(e)... Je veux dire que j'entends le son, mais ce n'est pas pour cela que ce son m'affecte ou me touche.

 

Je tiens à préciser la différence entre "ce qui me touche" (et qui me parle) et ce que j'entends et qui me plaît sans pour cela m'affecter.

 

Prenons un exemple:

 

Supposons qu'il y a chez moi un chat ou un chien ou des oiseaux en cage... S'ils vivent chez moi c'est qu'il y a un lien que j'ai créé entre eux et moi. Si le chat miaule d'une certaine manière je sais - par la pratique de la vie commune entre lui et moi - qu'il veut ou à manger, ou à boire, ou sortir, ou rentrer, ou un câlin ou toute autre chose...

 

Mais il est des moments ou ce chat (que j'aime bien!) miaule parce qu'il est en rut ou parce qu'elle est en chaleur et cela je l'entends. Il se peut que cela m'agace s'il miaule alors qu'il/elle veut sortir. Mais une fois que je l'ai fait(e) sortir je peux l'entendre miauler comme un mâle en quête de femelle ou comme une chatte en quête de mâle et cela ne me touche plus, car ce n'est plus mon affaire... C'est sa vie...

Voilà la différence entre ce qui m'affecte ou me touche (le chat lorsqu'il demande à sortir pour aller s'accoupler) et ce que j'entends et m'indiffère (lorsqu'il miaule dehors pour s'accoupler avec son partenaire).

 

Dans un cas cela « me parle » parce que cela engage une réaction (affective) de ma part (le chat/la chatte qui demande à sortir et auquel je dois ouvrir la porte pour qu'il/elle arrête de miauler).

Dans l'autre cas, cela m'indiffère parce que je ne peux plus rien pour ce chat: j'entends ses miaulements de chatte en chaleur ou de chat en rut, mais je ne peux plus rien faire dans ce processus d'accouplement qui leur est personnel...

 

De même, je peux posséder des oiseaux en cage. Autant suis-je charmé d'entendre leurs chants dès l'apparition du jour ou à mon réveil et cela me touche, autant leur babillage « habituel » ne me touche plus, par exemple... Et même, si j'y fais attention, je peux me rendre compte que ce babillage habituel « je ne l'entends plus ». Tellement mes habitudes ont pris le pas sur le chant harmonieux qui me touchait lorsque je les ai achetés.

 

Une autre expression populaire dit que «  cela saute aux yeux comme le nez est au milieu de la figure ». Autrement dit: je ne peux pas faire autrement que de voir ce qui est remarquable dans le rêve lorsque j’observe la situation que j’y représente.

Remarquons que,

 

1. le fait de « sauter aux yeux » est le résultat d'une observation qui décrit une situation (« le nez au milieu de la figure ») qui ne peut être perçue si je suis aveugle. Ce constat, s’il est observé, peut me conduire à une prise de conscience.

 

2. si je veux (sur mon visage) voir mon nez, il faut ou que je ferme un œil pour en voir le bout, ou que je me regarde dans une miroir (un miroir de moi, c’est à dire ce qu’autrui me renvoie).

 

NEZ

Si je suis « conduit » dans mon rêve à voir « mon nez au milieu de ma figure », c’est peut-être parce que je ne souhaite pas voir l’évidence alors que ma vie est impossible si je ne prends pas conscience de cette évidence que me propose mon rêve. Malgré cela je peux refuser cette évidence.

 

Cela peut se formuler autrement : le « nez au milieu de la figure » est le reflet de la vérité qui apparaît si évidente - puisque placée « au milieu de la figure » - mais que je n’arrive pas à voir! Vu de l'intérieur de ma tête, de l'intérieur de soi, au travers de mes propres yeux (de ma manière de voir les choses) je ne vois pas mon propre nez (ma manière de sentir, d'apprécier la vie)... Pourtant il est bien là, « au milieu » de ma figure! (au milieu de ce qui me fait face et dont je suis censé prendre conscience).

 

« Avoir quelqu'un dans le nez », c'est, dans la vie courante, en vouloir à une personne et avoir de l'antipathie envers elle, voire de la haine.

 

Dans un rêve, avoir une antipathie envers quelqu'un, c'est avoir une antipathie envers ce que cette personne représente pour moi par rapport à mes valeurs morales enregistrées dans mon mental. Comme le rêve ne parle que de l'auteur du rêve, ce comportement, qui m’est antipathique, est à l'image d’un comportement dont j’ignore qu’il m’appartient (puisque représenté dans le rêve par « autrui ») et que je pratique couramment.

 

Parce j’ignore que ce comportement m’appartient, je m’en veux de renier ma vérité par culpabilité « inconsciente ». Voilà pourquoi mon rêve me montre ce que je n’accepte pas en moi, sous les traits et les comportements de « personnages » différents de moi.

 

Puisque je rêve, c’est que j’ai besoin de comprendre que ce comportement, dont je crois qu’il appartient à quelqu'un d'autre, qu’il m’est étranger, je le pratique de cette manière.

 

(Dans la vie réelle, j’ai les mêmes attitudes: si je ne supporte pas le comportement de quelqu'un d'autre qui est en face de moi, c'est que, quelque part, je n'accepte pas - en moi - cette attitude qu'à l'instant je reproche à l'autre. Si je l'acceptais en moi, elle m'indisposerait car je pense que « je ne suis quand même pas comme ça ! ».)

 

Le rêve peut me présenter une tête ou un visage dénaturé, privé de nez, à la place duquel un trou béant s'ouvre. Cela veut dire tout simplement que ma capacité à « sentir » mon environnement, à « me sentir », à m’accepter est perdue... Cela ne m'empêche pas de respirer!

 

D'une autre manière, le rêve peut aussi mettre en scène un visage dont le nez est absent, comme s'il s'agissait d'un extraterrestre. Dans ce cas, c'est que le rêve tente de me dire que je vis à la manière de cet extraterrestre sans capacité à « sentir » ma vie humaine (ce qui est incarné dans mon corps), que j’ai les pieds décollé de Terre (c'est pourquoi le rêve utilise l'image d'un extraterrestre...).

 

Le nez exerce deux fonctions, on l'a lu: il sent et c'est par lui que l'air pénètre dans mon corps pour aérer mes poumons et renouveler l'oxygénation du sang (renouveler l'énergie vitale).

 

Dans ce sens, le nez peut aussi « porter » l'image de ma manière « de respirer ma vie » ou de « humer ma vie » tout simplement. C'est pourquoi l'image qu'un rêve peut me délivrer, à propos du nez, peut-elle être celle :

• d'un nez tordu (qui reçoit l'air aspiré de travers et/ou l'expulse de biais),

• d'un nez crochu (dont l'image est de crocheter la vie plutôt que de l'inspirer et l'expirer librement et sans contraintes),

• d'un nez rouge, tellement rouge que je m'enivre au lieu de goûter la vie ou bien que je joue ma vie à la manière d'un clown (par exemple: pour faire rire « les autres » et cacher ma propre tristesse), etc...

 

Pour terminer le sujet du « nez », voici quelques phrases dont le sens est parfaitement populaire :

  Le fouineur, qui s'occupe trop des affaires des autres, est toujours « équipé » d'un long nez.

• Celui qui fait de bonnes affaires est réputé avoir le « nez creux »...

Le nez possède donc aussi une valeur symbolique de « recherche » ou de « trouver » par extension de la fonction de sentir...

 

La bouche [4] est le siège de tant de phénomènes... boire, manger, goûter, avaler, mâcher, déglutir, aspirer, cracher, vomir, parler, crier, se noyer, etc... que je développe le sujet ci-dessous. C'est dans la bouche que se trouvent les joues, les dents, la langue, etc...

 

Le menton, lorsqu'il est présenté comme principal élément d'un visage ou d’un « personnage », est le signe de ma volonté de me laisser guider par les traits du caractère dudit visage ou dudit personnage auquel appartient le menton qui est mis en scène.

 

Alors que l'image d'un front est, en quelque sorte, un « entêtement », l'image d'un menton est plutôt l'image d'une orientation. Je remarque que le menton ou le front n'utilisent pas la parole, qu'ils sont l'expression de signes induits, non exprimés, non dits, mais affirmés…

 

COU

Le cou [5] est le lieu de passage « obligé » pour communiquer entre la tête et le reste du corps. Tous les systèmes biologiques empruntent ce passage: colonne vertébrale, système respiratoire, système nerveux, système digestif, système circulatoire, système lymphatique, etc... Tous les méridiens des médecines alternatives cheminent par ce « couloir stratégique ». Il peut donc être l’image de « ce qui conduit à » :

 

• avec un aspect ascendant (du corps vers la tête),  et qui peut être exprimé comme le passage de ce qui est « terrien » à ce qui « dirige la vie », de ce qui est incarné à ce qui est conceptualisé, etc…

 

• d’un aspect descendant (de la tête au corps) : ce qui peut exprimer la matérialisation de la pensée dans le corps, ou, en mots pls « basiques », le témoin de ce qui est en train de s’incarner.

 

Bien que cela puisse paraître « cauchemardesque », l'image de la décapitation n'est jamais que celle de trancher le cou à des fonctionnements « mental »... Même si la situation paraît désagréable à vivre, elle a le mérite de « faire mourir en soi » un fonctionnement mental qui me détruit. Au lieu d'être dramatique, voila une bonne nouvelle puisque me voilà délivré de l'un de ces fonctionnements qui me contraignent…

 

L'expérience prouve qu'il m’est difficile de quitter mes habitudes, même si ces habitudes me détruisent. En effet, dans ce cas, j’ai l'impression qu'un arrachement s'opère, qu'un « vide », qu'une « absence » lui succède. C'est ma conception de la vie qui me fait croire cela:

 

• ou bien je suis attaché à mes possessions affectives par « peur de manquer de quelque chose » et tout détachement devient douloureux,

 

• ou bien j’accepte d'utiliser pleinement « ici et maintenant » ce que la vie met aujourd'hui à ma disposition et qu'elle mettra demain d'une autre manière à ma disposition.

 

Ici encore, libre à moi de refuser ou d'accepter d'utiliser cet « autre chose », d'aller vers « ces ailleurs » qui se présentent à moi, que je ne connais pas et qui me proposent un enrichissement de soi, une expérience du partage de l'abondance universelle...

 

Malgré mes peurs « attachées », au lieu du vide ou de l'absence, c'est en fait la conscience ou plus exactement la présence qui prend place. Le problème est que je n’ai pas appris à connaître l'existence de la « présence à soi ». C'est pourquoi, avant de subir cette décapitation, cette « mort à soi », j’imagine qu'il n'y a « rien » avant, ni après cette « mort à soi ». La décapitation permet la découverte qu'il y a « Tout » dans ce « Qui_Je_Suis » décapité mais délivré, (enfin), de mes fonctionnements mentaux ravageurs et destructeurs.

 

Sans aller jusqu'à la décapitation, le cou des personnages d'un rêve peut être rigide, comme sont les règlements, tordu, comme l'est un fonctionnement dévié, puissant, comme l'est un arbre de gros calibre qui croît sans problèmes et dont la solidité est assurée, etc...

 

Si le cou est étranglé, c'est que toute la vitalité du rêveur est elle-même étranglée par une attitude, un comportement, une manière de vivre qui est à l'image du personnage qui étrangle. Si je ne vois pas le propriétaire des mains qui étranglent, c'est que, tout simplement, ce sont mes mains qui étranglent la personnalité qui étouffe « sous mes mains »...

 

Le cou est, en même temps que le passage obligé entre la tête et le corps, le lieu de la parole. Là sont abritées les cordes vocales.

 

C’est pourquoi une action au niveau du cou ou bien sa présence remarquable parce que imposante, dans un rêve, peut être aussi le signe d’une mise en scène de ma capacité à verbaliser, à nommer, à mettre les idées en forme.

 

C’est pourquoi j’ai parlé de ce cou étranglé ou bien tordu ou bien rigide ou bien puissant...

 

Le sens précis de l'image sera trouvé au travers de la mise en scène qui entoure ce cou qui, en apparaissant ainsi dans mes rêves, devient à la foi si fragile et si révélateur…

 

BOUCHE

JOUES

LANGUE

LÈVRES

DENTS

VOIX - « Personnage qui me parle »

 

Comme nous le savons, La bouche est le siège de tant de phénomènes... boire, manger, goûter, avaler, mâcher, déglutir, aspirer, cracher, vomir, crier, se noyer, parler, etc...

 

JOUES

 

À l'inverse de la poitrine qui inspire et expire, les joues sont le témoin de la respiration intense qui suit l’effort d'un travail intense... Les joues sont alors le siège de « la forge de l'effort ». Si les joues d'un personnage se mettent à battre c'est :

 

• soit qu'elles battent le vide (comme un moulin qui tourne à vide), c'est alors l'image que je suis en train de réaliser un travail vain, inutile. Je crois (je me donne « bonne conscience » en croyant) travailler, mais en réalité je me trompe moi-même en ayant l'illusion de leurrer les autres...

 

• ou bien que je suis en train de d'accomplir un travail intérieur qui requiert toute mon énergie (tout mon « souffle »). Travail qui va me conduire « au-delà » de ce qui est aujourd'hui, image de ce que je suis en train de franchir une étape.

 

Car les joues sont aussi l’espace où se pratique :

 

la mastication des aliments dans la bouche,

 

la modulation du souffle tant pour la parole que pour le chant, le sifflement ou le jeu d’un instrument de musique.

 

Voir le mouvement des joues peut être aussi l’image d’un travail intérieur « articulé » en vue d’ingérer ou en vue d’exprimer.

 

Comme dans tous les cas, c'est l'environnement du rêve qui donne des indications précises sur la nature du travail qui s'accomplit dans la vérité de soi.

 

LANGUE

À quoi sert-elle?

 

Parler? Manger? Mâcher? Avaler? Cracher? Sucer? Lécher? Caresser la langue de l'autre (du ou de la bien-aimé(e)), téter, titiller? Et tant d'autres choses encore?… Tout ce qui touche au goût passe par la langue.

 

Les enfants portent à la bouche ce qui est à la portée de leur main pour pouvoir y « goûter », en apprécier la saveur, tout comme les partenaires d’un nouveau couple se goûtent avec les lèvres, puis avec la langue, avant d’aller au delà :

 

• dans la relation avec un proche, la caresse de la langue est l’une des manières de guérir, de soigner, de désinfecter une plaie : si je veux veut soulager et cautériser rapidement une petite plaie d’enfant je la lèche… De même pour moi, d’ailleurs.

 

• l’amoureux(se) qui cherche à connaître le goût de l’aimé(e) utilise le « baiser à la française » (« french kiss »), ou bien en caresse avec la langue toutes les parties du corps aimé qu’ainsi il découvre ou fait vibrer.

 

En ce qui concerne l'alimentation, le rôle de la langue est de permettre la circulation des aliments pour être broyés, et en même temps pour être imprégnés de salive en vue d'une « pré-digestion ».

 

C'est la langue qui envoie ce qui est mâché dans la gorge pour que le corps le digère. Elle permet donc d'avaler. Au sens symbolique elle est donc l’image de l'outil qui me permet d'avaler ou de recracher ce que je vais digérer ou non psychologiquement parlant.

La langue c'est aussi « l' acteur de la parole »: personne ne peut parler, sans langue. En termes symboliques, elle est la représentation de l'outil qui me permet de parler avec moi-même.

 

Dans ce sens, donner sa langue à l'autre, dans un rêve, peut être le symbole de prêter mon propre langage à l’autre (au chat ?), ou bien que l’autre me prête son langage … Ce qui autorise celui qui a prêté « la langue » (qui a certainement été bien « parlée » et bien « mâchée »...) à la récupérer ensuite.

 

On dit, par exemple en politique, « prendre langue avec son voisin ». Cela exprime que l'on recherche à parler la même langue que lui ou tout au moins que l'on souhaite se rapprocher de ses opinions.

 

Dans un registre proche, on dit aussi, et par exemple, « donner sa langue au chat ». Il s'agit là d'obtenir la solution à un problème, à une devinette... C'est donc se soumettre à la bonne volonté « du chat », qui peut « nous croquer » selon sa sagesse (donner la solution ou envoyer vers une fausse piste), le chat étant ici envisagé, dans ce cas, comme celui qui attrape la souris. Et, ici, qui attrape celui ou celle qui ne connaît pas la solution…

 

Enfin, en matière de langage, la « langue de vipère » est la langue d'une personne dont la parole a pour but de diffuser le venin (le poison) dans l'esprit (le mental) de ses interlocuteurs. Action verbale essentiellement portée sur la culpabilisation des autres... Une expression similaire dit: « cracher son venin »... Blesser, rendre malade, empoisonner autrui... SI tel est le cas, dans mon rêve, c’est  vers moi que se dresse cette langue de vipère que je me lance à moi-même.

 

DENT

 

Dans la bouche, LES DENTS sont le siège du «  moulin à broyer », ainsi que le «  dernier rempart » avant l'accès à l'intérieur de la bouche. 

 

«  dernier rempart »:

 

Pour preuve ce qui suit: dents serrées, il est impossible de me faire ouvrir la bouche de mon plein gré... Dans ce cas, il va falloir « m’obliger », me contraindre et me forcer: c'est un véritable viol. Celui qui autorise le supplice de l'entonnoir, par exemple... Peut-être est-ce ce que je m’impose : avaler des vérités qui sont totalement contraires avec mon élan vital mais que je me force envers et contre tout à avaler…

 

« moulin à broyer »:

 

Mes dents « servent » à broyer et mâcher ce que j’avale ensuite avec la langue. Au niveau symbolique, mes dents représentent ma capacité à préparer ma digestion intellectuelle, spirituelle et psychique des événements de ma vie.

 

On dit qu'il y a des personnes qui aiment «  croquer la vie à pleine dents ». Ce sont les personnes qui profitent et qui savent utiliser, sans arrières pensées, ce que la vie leur présente. C'est l'image des gens qui se rassasient à souhaits.

 

La personne qui a «  toutes ses dents » est considérée comme ayant des capacités innombrables: « 20 ans et toutes ses dents! ». Ce qui veut dire que la personne en question est prête à « dévorer la vie », ou plutôt qu'elle a de l'ambition.

 

Avoir les «  dents longues » signifie que le propriétaire de telles dents est capable de dévorer « très loin », autrement dit qu'il a non seulement des ambitions mais qu'il est organisé pour que ses ambitions aboutissent, qu'il a aussi ou éventuellement des relations pour l'aider à parvenir à la réalisation de son ambition.

 

Quelqu'un qui a «  la dent dure » est une personne qui a des convictions, que l'on a du mal à convaincre, qui est incorruptible dans ses convictions, qui est déterminée.

 

C'est pourquoi, par opposition, si les dents s'effritent ou deviennent «  sable », c'est qu'elles ne sont plus « solides » et que la personne qui a ces dents-là se laisse corrompre ou convaincre facilement...

 

Au niveau symbolique du rêve, cela veut dire que, dans le premier cas, il est difficile de parvenir à faire évoluer mes comportements qui ont la dent dure, et que dans le second, c'est le contraire: que certains de mes comportements se laissent effriter, déliter par d'autres.

 

La position des dents

 

Je  peux donner aux dents des significations symboliques selon le rôle qu'elles remplissent, en me souvenant que celles qui sont «  à droite » sont celles qui sont du « côté » de mon accomplissement, tandis que celles qui sont «  à gauche » sont celles qui sont du « côté » de mon développement matriciel, de ma mutation intérieure.

 

Je peux aussi comprendre, par exemple, que les dents « d'en bas » sont moins « nobles » que celles « d'en haut ». Mais je peux aussi considérer les dents « d'en bas » comme « à l'image de » ce qui est incarné, de ce qui est corporel ou matériel en moi et les dents « d'en haut » comme « à l'image de » ce qui est intellectuel, spirituel ou imaginaire en moi...

 

Si les dents sont en position opposée (par exemple: l'une à gauche et l'autre à droite et/ou l'une en haut et l'autre en bas) je peux penser que l'image proposée est celle d'un tout (de haut en bas et de droite à gauche) qui se révèle dans ma bouche. Soit un malaxage, soit un mélange, soit un écrasement, etc... Bref tout mouvement que font symboliquement mes dents dans « ma bouche rêvée » pour avaler, pour prédigérer ou même pour re-cracher...

Je peux aussi "voir" mes dents de devant comme une façade, en même temps qu’un rempart, et/ou, d'une autre façon, celles qui coupent, qui tranchent, qui séparent et mettent en morceaux comme une machinerie qui mouline à l'image de ce que mon mental fait de mes idées, de mes culpabilités, de mon imaginaire, dans ma tête...

 

Le type de dent

 

Les canines sont celles qui déchirent, les incisives sont celles qui découpent ou séparent ou mettent en morceaux.

 

Les prémolaires et les molaires ont le rôle de « moudre », comme la meule du moulin moud la farine, ou bien dans le sens de ruminer (pour les molaires) à l'image de ce que fait une vache.

 

C'est pourquoi, voici ci-dessous la copie du dictionnaire Hachette à propos des mots « moudre », « farine », « ruminer »:

 

moudre v. tr. 1. Broyer, réduire en poudre (des grains) avec une meule ou un moulin. Moudre du café. 2. Jouer (un air), dire (un texte), mécaniquement. © Hachette Livre, 1998

 

farine n. f. 1. Poudre résultant du broyage de graines de céréales ou de divers autres végétaux. Farine de blé, de maïs. Farine de lin, de moutarde. 2. Spécial. Farine de froment. Un sac de farine. ­ au figuré: péjoratif. Gens, choses de la même farine, du même acabit. ­ Locution familière, au figuré. Se faire rouler dans la farine: être trompé dans une affaire. © Hachette Livre, 1998

 

ruminer v. tr. 1. Opérer la rumination. 2. Fig. Penser et repenser à (qqch), ressasser. Ruminer un dessein. © Hachette Livre, 1998

 

Il y a matière à réfléchir, sans pour cela ruminer!...

 

Voici un aspect particulier: Perte de Dent et quelques pistes sur ce sujet...

 

1. Perte

 

Perdre c'est avoir l'impression d'une disparition de « quelque chose » qui m’appartient: si j'ai perdu quelque chose, c'est que je ne l'ai plus.

 

Il y a dans cette expression un sens de possession : « quelque chose » qui m'appartenait... En l'absence de  ce « quelque chose » j'éprouve un manque de jouissance. « Perdre » est le résultat d’une perte de jouissance, à cause de l’attachement (possessif) que j’éprouvais vis à vis d’un objet, d’une personne…

 

Ce n'est pas mon cœur qui est « attaché », (même si je pense autrement), c'est mon « mental » qui est « attaché ».

 

C'est la dépendance par rapport à ce « quelque chose » ou l’attachement que j’éprouve vis à vis de ce « quelque chose » qui me fait croire qu’il existe un lien qui me relie à l'objet ou à la personne… Ce qui me relie à ce « quelque chose » est l’expression du lien, du « pouvoir affectif » que j’établis entre moi et l’objet ou la personne en question. Si j’ai un pouvoir sur « quelque chose » au travers de ce lien : là est ma « possession ».

 

S’il n'y avait pas de « possession » par rapport à cette dent qui disparaît ou qui tombe, le titre aurait été: « une dent tombe » et non « perte d’une dent »...

 

La perte, est l'expression d'une dévalorisation, d'un manque à gagner, de quelque chose qui ne peut être retrouvé et qui a été perdu... (en moi, mentalement parlant).

 

Ce « manque à gagner », cette perte, m'affecte tellement (la mécanique mentale qui est en moi) que je me sens coupable d'avoir perdu quelque chose…

 

Les dents qui tombent: ce sont celles qui se séparent de nous… Peut-être:

• n'avons-nous pas su les garder en bon état de fonctionnement?

• n'en avons-nous plus l'usage?

• à l'image de l'enfant, les dents définitives doivent-elles remplacer les dents de lait?

• qu'avec l'âge notre corps se détériore faute de l'avoir respecté?

• que la mort s'approche tout simplement ?

 

Souvenons-nous que si les dents « protègent » l’intérieur de la bouche, c’est aussi qu’elles protègent la langue, siège de « La Parole ». « Parole », qui, au sens symbolique, est le « verbe » de chacun d’entre nous.

 

À ne pas confondre avec le babillage mondain de la relation sociale ou mentale et imaginaire : le « verbe » est l’expression de notre vérité profonde, du « souffle de vie » qui anime et guide l’accomplissement de notre vie.

 

Dans ce sens, si les dents peuvent être considérées comme l’image symbolique d’un bouclier face à ce qui pénètre en soi, on l’a vu précédemment, elles peuvent être considérées comme le rempart pour protéger mon « verbe », ma vérité, mon «  souffle de vie ».

C’est pourquoi, lorsque le rêve met en scène une image de dents qui tombent ou de dents abîmées, je peux me poser la question de ce que je perds et qui protége mes structures profondes ou la qualité de mon « verbe ». Chercher à remarquer « une fuite », une déperdition de ma vitalité, une « dépression » en quelque sorte!

 

Mes dents peuvent être l’image d’un bouclier qui ne peut pas laisser entrer ou sortir « l’intrus » [6] représenté par « la parole injuste » qui me parjure ou me renie!

 

Ceci est tellement réel que les hébreux, dans le « Livre des proverbes » ont écrit : « les parents ont mangé les raisins verts et les enfants ont eu les dents agacées ». Ce qui veut dire clairement que si je me laisse abuser par des « reniements de soi », mes enfants en supporteront les conséquences dont ils ne pourront pas avoir conscience sans faire une recherche épuisante sur la cause de ces conséquences [7].

 

Les dents sont, avec mes os, mes ongles et mes cheveux, les seuls «  survivants » de mon squelette. Elles sont donc aussi l'image de ma manière de « voir » ou d'avoir conscience de ma capacité à me survivre, à me dépasser, à aller dans « l'au-delà du sensible », dans « l'au-delà de soi ». (Au-delà de mes sens physiques et corporels, au delà de ce qui me limite).

 

C’est cette pérennité qui en fait la fondation de l’avenir, la pierre d’achoppement sur laquelle repose MA génération future.

 

2. de Dent : de ... dans? de ... temps?

 

Si je « perds » une pré-capacité à digérer [8] les événements de la vie qui me survient...

 

... cela provoque de la colère contre moi-même...

 

Quelque chose du genre « tu es un(e) incapable! »: quelque chose qui ressemble à ce que j’ai - peut-être - entendu dans ma jeunesse et qui m’a conditionné(e)...

 

Ce qui peut s'exprimer de cette manière: incapacité à prendre ma place (puisque « incapable »), incapacité à occuper mon espace dans la société…

 

En fait, disons que si je perds une capacité à mâcher les événements de ma vie, je ne peux plus, non plus, bien les digérer... L’image d’une ou de plusieurs dents qui tombent ou disparaissent peut donc être l’image d’une capacité restreinte à m'assumer, à « me » digérer.

 

Ma croyance est, dans ce cas, que je perds une capacité « dedans » (à l'intérieur de moi) et une capacité « de temps » (du temps que je considère comme perdu et qui ne reviendra pas). Quelque chose qui me fait dire: « c'est foutu... ».

 

C'est bien tout le problème de ma vie éduquée: je suis pressé de bien faire et de le faire rapidement... Serait-ce par désir de pouvoir mourir plus vite?

 

En réalité, même si je crois l’inverse, j’ai tout mon temps: rien n'est « foutu » puisque je suis encore en vie !

 

Il est temps que je m’accorde le droit de vivre le mieux possible mon présent, que je le mâche tranquillement ! Que je savoure paisiblement ce que la vie me propose d'expérimenter, puis que j'avale ce qui me nourrit, et me fait croître en « Qui_Je_Suis » intérieurement ! Il est temps que je rencontre ma satisfaction, mon plaisir de vivre.

  

LÈVRES

 

Devant la bouche, LES LÈVRES qui sont le premier rempart avant l'accès « à l'intérieur » de la bouche.

 

Voici quelques aspects complémentaires :

 

• Elles permettent de «  faire des baisers » et tout un ensemble de contacts qui appartiennent au sens physique du toucher.

 

• Les lèvres ont un rôle primordial, dans la première étape de la vie de l'homme : l'enfant tête puis, ensuite, porte à sa bouche « tout ce qui traîne » et qu’il a envie de « goûter ».

 

• Couplées à la langue, les lèvres permettent la succion et les suçons...

 

• Je peux avoir, symboliquement, «  le cœur au bord des lèvres » ce qui signifie que je suis prêt à me vomir.

 

• Tout comme je peux avoir « une petite faim » et ne faire honneur aux plats que «  du bout des lèvres »...

 

Les lèvres sont en quelque sorte, l’image symbolique, de la porte que l'on ouvre ou ferme « sur l'intérieur » de soi,

 

la porte que l'on doit franchir pour pénétrer « en soi » afin d'accéder à la capacité de mâcher, puis d'avaler ce dont nous nourrissons notre monde intérieur psychologique (fonction de recevoir, d’intégration en soi) ,

 

la porte que notre parole doit franchir et grâce à  laquelle, associée à la langue, elle prend forme pour communiquer aussi bien avec soi-même (au niveau symbolique) qu’avec les autres aspects de soi-même (fonction de publier à l’extérieur, émanation d’une volonté face à l’univers de soi)

 

Une personne sans lèvres est « un monstre » ou le résultat d'un accident qui a dénaturé son visage. Les extra-terrestres sont bien souvent représentés sans lèvres pour bien exprimer leur aspect inhumain. L'aspect « humain » réside, symboliquement, dans la présence de ces lèvres ou dans leur absence.

 

Une personne aux lèvres pincées est le signe d'une personne qui ne sait pas communiquer, dont la parole a du mal à sortir et qui a du mal à ouvrir la bouche pour recevoir… Par contre, une personne aux lèvres charnues représente celle qui aime « manger la vie à pleines dents »...

 

Le baiser a comme fonction principale de nous rapprocher, de nous faire apprécier, de goûter « du bout des lèvres » ce qui est extérieur à soi pour le faire partiellement sien.

• Le baiser du nouveau-né à la mamelle maternelle c’est le geste nécessaire pour incorporer le liquide lacté à son organisme.

• Le baiser amoureux dit « profond », c’est le désir de connaître, de partager et de faire sien l’intérieur du partenaire. Le baiser sur toutes les parties du corps de l’aimé(e) est l’expression du désir de goûter l’autre, de le faire « sien », d’en connaître le goût.

• Le baiser sur la joue d’un parent à son enfant est le signe de la reconnaissance qu’il y a une « appartenance », un lien affectif.

 

Par contre, le baiser joue contre joue est signe d’un refus de goûter du bout des lèvres le partenaire de l’instant, signe de défiance, caché sous un comportement faussement acceptant et liant.

 

VOIX - "personnage qui me parle"

 

C'est bien de la bouche que sort la voix. Elle se forme grâce au souffle qui sort de mes poumons, elle se module grâce aux mouvements des joues, de la langue et des mâchoires. C'est l'instrument, le support, qui nous permet de communiquer. Dans mon rêve, que la formulation soit "le personnage me parle" ou bien "j'entends la voix d'un personnage", c'est que mon rêve me montre qu'il y a un dialogue, un échange "verbal", qui fonctionne en moi, dans le mental (au plus profond de soi), entre ce que représente pour soi le " personnage " qui me parle (ou dont j'entends la voix) et moi-même.

 

Autrement dit, ce dialogue met en scène une ou des manières de me parler à moi-même, tout en me précisant que je ne crois pas que c'est moi-même qui me parle, sinon je n'aurais pas besoin, dans mon rêve, de dialoguer avec un "personnage" que je crois différent de moi, ou que je crois "autre" par rapport à moi.

 

C'est toute l'ambiguïté que me montre mon rêve: je crois que ce sont "les autres" qui agissent dans ma vie, à l'image des mises en scène ou des personnages que je me montre dans mes rêves. Alors que c'est moi qui vit ma vie, qui crée mes rêves, à l'image de ce que je projette sur l'écran noir de ma nuit en me "racontant ce rêve".

 

Pour résumer, si " un personnage " me parle dans mes rêves ou si j'entends qu'il y a " des personnages " qui me parlent, ou encore si j'entends "une ou des voix" dans l'un de mes rêves, c'est parce que JE ME PARLE, tout en croyant, peut-être, que ce sont " les autres " qui me parlent (à l'image de ces "personnages" que je mets en scène dans mes rêves).

 

Je peux entendre la voix " dedans " ou " dehors ".

Cette précision m'informe que :

• si je l'entends " dehors " (par exemple: "elle me parle alors que je suis dans la maison et qu'elle est dehors, dans le jardin") c'est que je ne crois pas du tout que je me parle à moi-même, dans ma tête, dans mon mental ou dans mon imaginaire. Autrement dit j'ignore complètement mes fonctionnements psychologiques, je me méconnais complètement dans ce domaine.

• si je l'entends " dedans " (par exemple: "mon ami, qui est dans la chambre à côté de moi, me parle"), c'est ce que ce dialogue que j'entends j'ai l'impression qu'il m'est intérieur, de la même manière que je me parle " dans la tête ", dans mon mental, dans mon imaginaire.

Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit bien d'un dialogue qui " fonctionne " dans mon mental, à l'intérieur de mon cerveau.

 

Une autre série d'exemples peut aider à mieux comprendre ce que sont " ces voix intérieures " :

• " si mon père était là, il me dirait de faire ceci ou cela " ou " ma mère faisait comme ça, je ne vois pas pourquoi je ferais autrement ",

• " j'ai appris comme ça et je ne vois pas pourquoi je ferais autrement ",

• " je pense que si je fais ceci, les choses vont se passer comme cela " (sous-entendu: " je n'essaye même pas de faire cette expérience puisque je sais d'avance ce qui va m'arriver ")

• " si mon amie était là qu'est-ce qu'elle ferait à ma place " ? ou : " que va dire mon chef ? ", " que vont dire les autres " ?

 

Je peux être séduit(e) par une voix douce et sensuelle ou bien je peux être apeuré(e) par une voix qui crie ou/et m'invective avec force pour me dominer jusqu'à la terreur. Ceci indique le degré de dépendance affective ou d'autorité que j'accorde au « personnage » que je mets en scène dans mon rêve et qui me parle ainsi.

Un « personnage » qui, en me parlant crie, cela m'indique que je me sens totalement obligé(e) de me soumettre en face de cette colère. Autrement dit: je ne me laisse pas le choix sinon celui d'obéir coûte que coûte parce que sinon je serais puni(e), et de manière sévère. cela veut dire aussi que ce "personnage" qui fonctionne en moi est en colère après moi.

 

Il y a bien d'autres manières de se parler à soi-même, " dans ma tête ".

Ainsi en est-il lorsque me voilà " touché(e) " par une situation ou un " personnage " qui vit, face à moi, une situation qui " si c'était moi " me bouleverserait… Cette situation ou ce personnage " me touche " ou " me parle ".

De la même manière que lorsque je suis amoureux(se), je me sens " touché(e) " par celui/celle que mon cœur aime : mais est-ce bien de mon cœur qu'il s'agit ou de " ma tête " ou de mon mental ? Bref : celui ou celle que j'aime " me parle " ou " me touche ", parce que quelque chose en moi résonne, entre en phase à son contact.

 

L'autonomie affective et l'indépendance psychologique demande à ce que je m'affranchisse de ces raisonnements qui résonnent en moi comme des tambours et qui m'entraînent dans les rythmes de la danse des " gesticulations sociales ". 

 


[1] « christos » veut dire, en grec : « messager ».

[2] Chacun a une notion tellement différente de cet espace infini que je ne peux, ici, en limiter la compréhension.

[3] Se projeter, c’est croire que les autres vivent leur vie de la même manière que moi, qu’ils ont les mêmes croyances, les mêmes réflexes et qu’ils pensent comme moi. Cette croyance, totalement fausse, permet de voir la vie autrement que comme elle est dans sa réalité. L’exemple typique de la projection de soi sur autrui est de croire que je peux faire quelque chose « à la place de l’autre ». Or cela est totalement impossible : si « je fais à la place de l’autre » je le prive de sa liberté et en lui disant que je sais mieux faire que lui, je lui prouve seulement que lui ne sait peut-être pas le faire. C’est donc, lui dire qu’il est « moins bien que moi ».

[4] voir ci-dessous

[5] Lire ci-dessous « la bouche »

[6] l’intrus est ici l’image de ce qui me gêne en moi si je l’accepte.

[7] « Les dents en tant que structures, ont aussi leurs racines parentales : nous devons à nos enfants de les leur donner saines, ce qui exige notre sainteté, c’est à dire notre accomplissement ». Annick de SOUZENELLE dans « Le Symbolisme du corps humain », éditions Dangles et Albin Michel

[8] « le moulin à moudre » que représente mes dents.

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